Lors de la manifestation du 1er novembre à Nantes. AFP / G. GOBET
Lors de la manifestation du 1er novembre à Nantes. AFP / G. GOBET - AFP

Même s'il est difficile de savoir qui étaient réellement les manifestants cagoulés ayant participé aux affrontements avec les forces de l'ordre samedi à Nantes ou ayant brisé les vitrines de ce même centre-ville lundi dernier, les opposants Zadistes à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont aujourd'hui pointés du doigt par de nombreux Nantais. Plusieurs personnalités politiques réclament désormais à l'Etat une évacuation sans attendre de la fameuse ZAD de Notre-Dame-des-Landes

«Mettre un terme à cette zone de non-droit»

«La situation de Nantes est insupportable, victime du contexte particulier lié au projet d'aéroport et à l'existence de la ZAD. Il faut maintenant en finir avec cette situation ubuesque et scandaleuse en mettant un terme à cette zone de non-droit» réclament les conseillers régionaux UMP. Ils présenteront un vœu en ce sens lors de prochaine session du conseil régional des Pays de la Loire.

Son président, le socialiste Jacques Auxiette, est d'ailleurs du même avis. «Aéroport ou pas aéroport, il faut aujourd'hui évacuer la ZAD», estime-t-il. Et d'ajouter: «Certaines condamnations sont factices ou faciles. Ceux qui refusent l'évacuation de la ZAD doivent affronter leur part de responsabilité.» Le FN et l'association pro-aéroport Des Ailes pour l'Ouest ne disent pas autre chose. Sur les réseaux sociaux, de plus en plus d'anonymes expriment aussi leur ras-le-bol.

 

Le syndicat de police Alliance n'est pas étonné. «Les habitants sont excédés devant de tels agissements, constate Arnaud Bernard, secrétaire départemental d'Alliance. Il est anormal qu'un groupe de personnes puisse nuire ainsi à la démocratie. Dans les rangs de la police aussi il y a de l'exaspération. La manif anti-aéroport du 22 février avait déjà fortement marqué les esprits. Notre métier c'est la sécurité des personnes et des biens, pas d'être la cible de telles violences.»

Le syndicaliste reconnaît toutefois que l'évacuation des Zadistes serait «un projet compliqué». «Plus le temps passe, plus ils sont implantés, estime Arnaud Bernard. Mais c'est faisable malgré tout. Après, est-ce que leur expulsion serait la garantie d'un retour au calme?»

Un accord empêche toute expulsion

D'autres personnalités ne sont pas sur la même longueur d'ondes. S'ils condamnent bien sûr les débordements survenus la semaine dernière, Johanna Rolland, maire PS de Nantes, ou Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Atlantique, rappellent aussi qu'un accord avec le gouvernement empêche toute expulsion jusqu'à l'épuisement des recours juridiques en cours sur le projet d'aéroport.

«Attention à la récupération, alerte Ronan Dantec. Les pro-aéroport profitent du contexte pour passer en force. L'important en ce moment me paraît surtout d'apaiser les tensions. Et ce n'est pas en appelant à évacuer la ZAD qu'on va y parvenir.» 

«Ne pas faire d'amalgame»

L'Acipa, la principale association opposée à l'aéroport, invite également ceux qui stigmatisent la responsabilité des Zadistes à faire preuve de «prudence» et de «retenue». «Le mouvement est hétérogène. On ne peut pas faire d'amalgame entre ces dérapages inadmissibles et l'ensemble des personnes installées sur la ZAD. On a des relations très saines avec beaucoup d'entre elles», indique Julien Durand, l'un des porte-paroles de l'Acipa. Le militant y voit surtout «une nouvelle tentative de discréditer la lutte anti-aéroport». Et prévient: «S'il y a une intervention policière sur la zone, si des lieux de vie sont menacés, on sera là pour réagir.»

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