Chaque matin, Guillaume Rolland se réveille  grâce aux odeurs.
Chaque matin, Guillaume Rolland se réveille grâce aux odeurs. - D. Prochasson / 20 Minutes

Dans sa chambre d’ado, il égrène les objets improbables qu’il concoctait, petit, dans la cabane de son grand-père ingénieur. Il énumère les prix glanés ça et là. Ce jeune homme a de la suite dans les idées. A peine âgé de 18 ans, Guillaume Rolland a déjà deux brevets à son actif. L’un - un infuseur de thé - déposé alors qu’il n’avait que 14 ans; l’autre - un réveil olfactif -, qui vient tout juste d’être sélectionné au Google science fair (lire encadré). Deux trouvailles idéales pour s’extirper en douceur d’une nuit de sommeil. «Je règle les problèmes du matin», s’amuse-t-il.

L’odeur du dollar

Ce scientifique tout terrain, qui pioche tout simplement dans les livres les connaissances nécessaires à la réalisation de ses idées, est pourtant plutôt matinal. Il n’empêche. Chaque matin, cet élève du lycée Loquidy, candidat au bac scientifique, se lève grâce à des huiles essentielles stimulantes (cannelle, ylang ylang, etc.) qu’il diffuse depuis un réveil. «Le principe est de générer, à l’heure choisie, un flux d’air de plus en plus petit, de manière à compresser l’odeur et à la rendre assez forte.» Réveil garanti entre 30 secondes et une minute.

L’alternative n’a pas séduit que Google, elle a également suscité l’intérêt d’associations de sourds qui trouvent là une alternative efficace au réveil sonore. Ces prochains jours, le prototype devrait encore être amélioré grâce à une collaboration avec un étudiant en design. Et surtout, ses senteurs pourraient rapidement évoluer. Depuis un mois, Guillaume Rolland travaille avec l’entreprise spécialisée Exhalia. Objectif: se réveiller avec des effluves de café, de croissant chaud ou même… de dollar. Parce que l’argent, aussi, a une odeur.

En route pour la Silicon Valley?

Auréolé au Salon des jeunes inventeurs, début juin, d’une médaille d’or du jury Lépine, le réveil olfactif de Guillaume Rolland vient d’être sélectionné par le Google science fair, ouvert aux 13-18 ans, parmi les 90 meilleures inventions mondiales. Seuls 15 d’entre eux seront retenus le 6 août avec à la clé un voyage à la Silicon Valley. Depuis la création de ce concours, en 2011, aucun Français n’avait encore retenu l’attention de la firme américaine.

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