Le " FabLab " permettra de fabriquer des prototypes ou réparer des objets.
Le " FabLab " permettra de fabriquer des prototypes ou réparer des objets. - F. Elsner / 20 Minutes

Guillaume Frouin

C'est un endroit « où l'on peut fabriquer à peu près n'importe quoi », selon ses promoteurs : le premier « FabLab » (pour « Fabrication Laboratory ») nantais va être inauguré ce jeudi dans un ancien entrepôt désaffecté du Grand Port maritime, près du Hangar à bananes. Ouvert à tous, cet « atelier collaboratif » prêtera à ses adhérents une flopée d'outils de bricolage, et leur louera à des prix dérisoires des machines à commande numérique. Comme une découpe laser ou des imprimantes 3D.

Un concept lancé aux USA


Au sein de cette « Plateforme C », les bricoleurs pourront par exemple « fabriquer le tabouret de leurs rêves ou mettre de l'électronique sur des vêtements », résume Cédric Doutriaux, qui a porté le projet au sein de l'association PiNG. « On pourra aussi réparer des objets en réalisant des pièces qui ne sont plus commercialisées, ou faire des trucs pour des marchés de niche qui intéressent trois personnes », poursuit-il. Car le but de ce « FabLab » n'est pas de faire de l'argent : le concept – lancé en 1995 par un universitaire américain et qui a essaimé depuis un peu partout – rappelle plutôt l'utopie des « ateliers de bricolage communautaires » des années 1970.

Partage de connaissances


« Nous sommes dans une logique d'échange de savoirs et de connaissances », confirme Ronan Marjolet, le président de PiNG. Les bricoleurs de « Plateforme C » seront ainsi invités à laisser leurs plans, leurs vidéos ou les éventuelles raisons de leurs échecs aux autres adhérents. Un responsable sera également présent en permanence pour les former à la manipulation des machines pilotées par ordinateur. L'association – qui s'est associée à l'Ecole du design, l'Ecole d'architecture ou encore l'université de Nantes – n'entend pas en rester là : elle réfléchit déjà à un « FabLab » mobile, « qui tiendrait dans une remorque ». Objectif : se déployer, le temps d'un week-end, dans les autres villes de la région. Pour continuer à « fertiliser la matière grise ».

■ Coût de la location

Louer la machine à découpe laser revient à 15 € de l'heure, tout comme le routeur. La fraiseuse est louée 6 € par heure, la découpe vinyle 4 € et les imprimantes 3D 3 € (sans les consommables).