« Ils ont détruit toute une partie de ma vie »

Didier Jambart Il avait été rendu accro au sexe et au jeu par son traitement contre Parkinson

Propos recueillis par Guillaume Frouin

— 

Didier Jambart, 53 ans, vit aujourd'hui en « ermite » à Indre.

Didier Jambart, 53 ans, vit aujourd'hui en « ermite » à Indre. — F. Elsner : 20 Minutes

La cour d'appel de Rennes - qui rendra son arrêt le 28 novembre - rejugeait ce mercredi le litige qui oppose Didier Jambart à GSK. En mars 2011, le laboratoire pharmaceutique avait été condamné à Nantes à verser 117 000 € de dommages et intérêts à ce quinquagénaire d'Indre, pour ne pas l'avoir alerté des incroyables effets indésirables du Requip (voir encadré), le médicament qu'il prenait contre sa maladie de Parkinson.

Comment avez-vous vécu cette nouvelle audience ?
SK a pris le dossier plus au sérieux que l'an passé. Ils ont réclamé une nouvelle contre-expertise, mais je ne la crains pas : contrairement à ce qui a été dit, je ne suis pas un menteur. Ils jouent la montre : plus le temps passe, plus un Parkinsonien est affaibli.

Le jugement de première instance a-t-il changé le regard des autres à Indre ?
Non : si on n'est plus des parias, c'est juste parce qu'on vit en ermites. Ce qui a changé, c'est qu'on peut maintenant se promener la tête haute. Avant, on tournait la tête.
Quel est votre sentiment

à l'égard de GSK ?
Je n'oublierai jamais ce qu'ils m'ont fait : ils ont détruit toute une partie de ma vie et celle de ma famille. J'aimerais juste aujourd'hui qu'ils me laissent tranquille, qu'ils arrêtent de me prendre pour un punching-ball et qu'ils reconnaissent leur erreur. Leur avocat, quand il évoque Parkinson, me fait d'ailleurs penser à un politicien parisien qui parle de la banlieue sans jamais y être allé.

Des effets secondaires pas spécifiés

Efficace pour traiter la maladie de Parkinson, le Requip développe une addiction au jeu et une « hyper-sexualité » chez une minorité de patients. Ces effets secondaires, aujourd'hui spécifiés sur la notice, ne l'étaient pas entre 2003 et 2006, quand Didier Jambart le prenait. Ce cadre de la DCNS volait notamment ses proches pour pouvoir jouer.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.