• Un avion ravitailleur de l’armée française avait été saboté sur l’aéroport de Nîmes-Garons en mai 2016
  • Les services de sécurité avaient envisagé un acte terroriste avant d’écarter cette hypothèse
  • Il s’agirait de la vengeance d’un employé du prestataire de service en charge de l'entretien des avions qui risque trois ans de prison

Un homme âgé de 33 ans est poursuivi par la chambre militaire du tribunal correctionnel de Marseille pour avoir saboté un avion ravitailleur de l’armée française. L’affaire, dans un contexte de forte menace terroriste pesant sur la France, avait été prise très au sérieux par les services de renseignements militaires.

L’accusé était au moment des faits mécanicien au sein d’une entreprise gardoise spécialisée dans l’entretien aéronautique, sous contrat avec l’armée de l’air. Il avait la charge d’une partie de l’entretien d’un avion de ravitaillement stationné sur la base de Nîmes Garons. Mais ce 12 mai 2016, il avait sectionné près de 180 fils, le rendant inutilisable.

« J’ai coupé les fils, coupé, coupé… »

Aux enquêteurs, qui l’ont reconnu après visionnage des caméras de surveillance, il a expliqué qu’il s’agissait d’une vengeance personnelle. Son directeur des ressources humaines venait de lui refuser une formation très pointue. « J’étais très en colère après un mail de mon DRH, a-t-il expliqué à l’audience. J’ai coupé des fils, j’ai coupé des fils, j’ai coupé des fils… J’avais perdu le contrôle dans mon cerveau ». Il parle également de problèmes personnels et de propos racistes de ses collègues pour justifier son geste.

La piste terroriste avait été assez rapidement exclue mais les conséquences importantes pour la défense française : outre l’avion saboté dont les réparations avaient nécessité un mois de travail, deux autres Boeing KC 135 affectés au groupement de ravitaillement en vol de la base aérienne d’Istres, avaient été cloués au sol. Alors qu’ils venaient d’être révisé et qu’ils étaient prêts à être livrés à l’armée de l’air. Dans la crainte d’autres sabotages, ils avaient dû être à nouveau révisés de fond en comble.

Le procureur a requis trois ans de prison, dont deux avec sursis pour entrave au fonctionnement de matériel militaire en vue de nuire à la défense nationale. L’Etat réclame 50.000 euros de dommages et intérêts et le prestataire de service 231.000 euros. Le tribunal rendra son jugement le 19 juin.