Partout où leurs parents se produisent, les enfants du cirque emmènent leur classe.
Partout où leurs parents se produisent, les enfants du cirque emmènent leur classe. - Willy's

Jérôme Diesnis

Liam, Eros ou Laura-Maria ont un truc en plus. Quand partout en France, les charmantes têtes blondes s'apprêtent à reprendre le chemin des classes, les enfants du cirque Arlette Gruss (dont l'imposant chapiteau trônait jusqu'à ce dimanche à Montpellier) emmènent leur école partout avec eux. Dans la procession qui sème le bonheur de ville en ville, un bungalow. A l'intérieur, une dizaine d'enfants, de la maternelle au CM2, ne jonglent pas avec des balles, mais avec des mots.
Le cirque Arlette Gruss est un cas unique. Il est le seul en France à offrir une classe itinérante sous agrément de l'Education nationale, ouvert aux enfants des artistes et du personnel. Son coût de fonctionnement, plus de 14 000 € à l'année, est entièrement pris en charge par le cirque. « Auparavant, ils étaient scolarisés dans les villes où leurs parents se produisaient, explique Willy's, l'attaché de presse. « Mais ils arrivaient sur des programmes en cours qu'ils ne pouvaient pas suivre ou retombaient sur des notions déjà vues ailleurs. »
Sandrine Savajol était affectée à l'école jusqu'en juin dernier. Elle y a traversé les routes, dans sa propre caravane. « Les conditions sont proches d'une école de campagne. J'y ai rencontré des enfants très motivés et de parents impliqués. Humainement, ce sont des gens merveilleux. » Ses yeux se remplissent d'étoiles. Les mêmes qui brillent dans les yeux des spectateurs les jours de représentation...
Lire aussi p. 6 et 7

Les enfants attendent leur prof

La rentrée scolaire sera différée pour les enfants du cirque Arlette Gruss. Alors qu'un enseignant de l'académie d'Orléans s'est officiellement manifesté pour enseigner dans cette classe itinérante, des blocages administratifs empêchent pour l'instant son affectation, à la plus grande incompréhension des parents.