Patrick Michel, au nom du père et de l'art brut.
Patrick Michel, au nom du père et de l'art brut.

christophe castieau

C'est pour conserver l'âme de leur père que les enfants de Fernand Michel (1913-1999) – un des pères de l'art brut dont le pape fut Jean Dubuffet – ont souhaité faire de son atelier (rue Lunaret) un musée. « L'Atelier-musée de l'art brut et singulier » ouvrira ses portes au public en 2013, mais il abrite déjà quelques pépites de ces artistes hors normes, autodidactes, qui habitaient parfois les asiles psychiatriques.

Retour en force
« Des génies qui vivaient dans leur monde », selon Patrick Michel, qui veut aujourd'hui réhabiliter cette école longtemps méprisée par les autorités, mais qui revient en force, aux Etats-Unis notamment. Encore en travaux, ce musée privé d'une superficie de 800 m2 et qui conservera à terme près d'un millier d'œuvres du monde entier a reçu l'aide déterminée, en terme de foncier, de la mairie de Montpellier. « Cela nous a paru intelligent de permettre sa création ici, dans la ville de l'art et dans le quartier des Beaux-Arts », explique Philippe Saurel, adjoint à la culture qui, dans les pas de l'exposition Di Rosa au Carré Saint-Anne, voit un nouveau virage de l'art contemporain à Montpellier. « Les chaînons manquant à la culture montpelliéraine », souligne l'élu, plus que jamais déterminé à la création d'un centre d'art contemporain. Et de confier qu'il n'a pas renoncé à l'installer « dans le lieu prestigieux qu'est l'ancienne mairie »… En attendant, Fernand Michel et ses amis fous – dont peu sont encore vivants – doivent bien se marrer dans leur tombe.

jean Dubuffet, le pionnier

C'est le peintre Jean Dubuffet qui a inventé la notion d'art brut en août 1945, après avoir découvert les collections des asiles de Berne et Genêve notamment. L'expression qualifie ce qu'il pense être « des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de toute culture artistique ». En 1962, la France refuse de reconnaître sa collection.