les bars ferment-ils trop tôt ?

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Publié le 19 juin 2012.

sortir Fêtards bruyants et riverains cherchant le sommeil ont de plus en plus de mal à coexister

Dynamisation de l'activité économique, plus de sécurité, moins de bruit… Montpellier n'est plus « la ville où le soleil ne se couche jamais », regrettent les noctambules quand la mairie est bien obligée de se soucier de la tranquillité des habitants. Les premiers ont parfois bien du mal à savoir quoi faire dans les rues de Montpellier à la fermeture des bars (1 h en hiver, 2 h en été) et les riverains se plaignent de plus en plus souvent du bruit occasionné par les fêtards qui déambulent en ville. Faut-il pour autant repousser l'heure de fermeture des bars ? La question mérite d'être posée après l'expérience de grandes villes comme Toulouse, Lyon et Lille (lire encadré). A Montpellier, à 1 h, c'est un véritable goulet d'étranglement pour ceux qui sortent des bars, discutant et riant à gorge déployée. Ambiance, samedi soir.
C'est un coin de rue comme il en existe des dizaines dans l'Ecusson : des fenêtres qui répondent aux fenêtres et des murs qui tremblent en résonance. C'est l'heure : les bars poussent à la sortie et les noctambules ricochent bruyamment sur les trottoirs. Instant T de l'éthylique « On fait quoi ? » Cette question, François la répète depuis dix bonnes minutes en haranguant ses quatre acolytes. « Nous, on est chauds comme la braise, on va pas aller se coucher », tempête-t-il dans un style titubant. Mais pas question d'aller en boîte pour lui et ses amis. « Soit faut prendre la voiture et là, à deux grammes, on peut pas. Soit on se fait refouler parce qu'on n'est pas très « dress codé » », argumente Wisam. C'est d'ailleurs chez ce dernier que la fête va rebondir, après un bon quart d'heure de tergiversations. Ils ont invité trois belles étudiantes Erasmus et projettent de se ravitailler chez l'épicier. « Ma voisine va encore péter un plomb », regrette déjà Wisam…
Au-dessus d'eux, Maria entend tout et s'agite. Quelques jours plus tard, dans son salon, la colère est retombée… quoique. Pour elle, « 1 h, c'est déjà très tard. La nuit de samedi, je n'ai dormi que deux heures. Jusqu'à 2 h du matin, cela n'a pas arrêté : les gens qui crient, la musique… Puis, au petit matin, ce sont les camions de nettoyage. » Cette retraitée habite au-dessus d'un bar qui la « contraint à l'insomnie tous les week-ends ». La bière coule à flot et les discussions débordent souvent sur les trottoirs.
Samedi soir, elle n'a pas appelé la brigade antibruit, « mais une prochaine fois peut-être ».

Arnaud boularand
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