Ils voulaient un coucher de soleil sur les pelouses du parc, ils n'ont eu que le béton du parvis de l'arc de triomphe. Vendredi, sous l'œil des policiers municipaux, une cinquantaine de jeunes a manifesté contre la fermeture du Peyrou, prévue tout le week-end. La décision a été prise par arrêté municipal jeudi dernier avec mise à exécution le soir-même et jusqu'à hier matin, « en prévision de troubles à l'ordre public ». Une fermeture que la ville n'a pas souhaité commenter à 20 Minutes.
« Il y a eu des affichettes toute la semaine en ville qui annonçaient deux rendez-vous en début de soirée : vendredi, par des étudiants et samedi, par une association. La mairie l'a su », estime l'un des manifestants. Mais pour ce riverain de 70 ans, venu se mêler à la jeunesse, c'est la décision de trop. « Je vis ici depuis 20 ans et du temps où Georges Frêche était maire, le parc n'était jamais fermé ».
Du Peyrou à l'Ecusson
Les origines de la colère remontent à avril 2010, lorsque la ville décide la fermeture nocturne du Peyrou, entre 22 h et 7 h. « C'était le lieu de rendez-vous de ceux qui n'avaient pas de sous pour sortir », témoigne Olivier. « Cela oblige les fêtards à se retrouver dans l'Ecusson, note Juliette. Si la ville ne se décide pas à rendre au Peyrou son statut de lieu de fête, les jeunes continueront d'investir les rues du centre et d'en déranger les habitants. Pourquoi, dès lors, ne pas accepter un compromis? » Un second sit-in est prévu vendredi, dès 18 h.
550 personnes ont déjà signé la pétition lancée en 2010 par le collectif Rouvrir le Peyrou. A la place de la fermeture nocturne, il préconise de « responsabiliser » les personnes fréquentant le parc « sur les problèmes de propreté (par la mise en place de poubelles), de bruit (heure limite pour les djembés) et de sécurité (passage réguliers de rondes) ».