la plainte qui fait vaciller Amétyst

déchets Le rapport de la chambre des comptes publié aujourd'hui révèle une plainte contre l'agglo

caroline rossignol

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L'usine de méthanisation a ouvert en 2008 à Garosud et ne fonctionne encore qu'à 65 %.

L'usine de méthanisation a ouvert en 2008 à Garosud et ne fonctionne encore qu'à 65 %. — c.rossignol / MDS / minutes

Christian Valette, vice-président de l'agglo délégué à l'environnement, aurait fait l'objet d'une plainte dans le dossier Amétyst. C'est ce que révèle une étude de la chambre régionale des comptes rendue publique aujourd'hui. Elle épingle le gouffre financier et les dysfonctionnements de l'usine de méthanisation, propriété de l'agglo : « Le 16 avril 2010, le préfet dépose plainte auprès du procureur de la République pour “délit d'exploitation non conforme, par personne morale, d'une installation autorisée” », indique Alain Serre, le magistrat auteur du rapport. Peine encourue si les faits étaient avérés : six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Une plainte jusqu'alors « passée sous silence ». A tel point que ni l'agglo, ni le parquet, n'étaient en mesure de confirmer l'information hier. Le rapporteur dit que « le préfet a bien autorisé la construction d'Amétyst, car elle paraissait conforme, sur le papier ». Mais son implantation en ville fait vite apparaître les défauts, comme « ces portes qui ne fermaient pas, d'où les odeurs de déchets ».

Des chiffres contestés
L'enquête dévoile aussi que « l'inspection du travail a, dès 2009, stipulé à l'agglo que l'usine n'a pas été conçue pour protéger les travailleurs ». Parmi les causes des « multiples arrêts de travail », un problème de ventilation : l'ammoniac, non filtré, « passait d'une pièce à l'autre dans l'usine: les salariés souffraient de maux de tête ». Mais ce ne sont pas les « petits travaux, évalués à 14 millions d'euros qui expliquent, selon Alain Serre, le surcoût de l'usine, passé de 57 millions d'euros en 2003 à 88 millions en 2011 (+ 54 %) ». Des chiffres que le patron de l'agglo, Jean-Pierre Moure, conteste. « C'est plutôt +14 % (seuil légalement autorisé) : le premier marché public a été cassé, le cahier des charges a changé et puis il y a l'inflation ». Le magistrat, lui, enfonce le clou : « l'usine marche à 65 %, Vinci, l'exploitant, vend moins de compost et d'électricité et c'est l'agglo qui compense ». Total, 1,6 millions d'euros d'indemnités ont été, en plus, versées par la collectivité à Vinci entre janvier 2009 et mai 2010. « L'étude ne fait pas de préconisations mais c'est un constat. L'agglo ne peut l'ignorer. »

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