Camille a 18 ans... et a perdu autant de kilos dernièrement. « J'ai eu un déclic. Mon corps de me convenait plus », témoigne la jeune fille. Ce poids, elle l'a pris à 15 ans, en entrant à l'internat, au lycée. Mais avant d'être obèse, elle était ronde... depuis toute petite. Car l'obésité est souvent consécutive à un problème de surpoids, que l'on traîne depuis l'enfance, comme les mauvaises habitudes alimentaires. Jusqu'à se retrouver, adulte, en situation dangereuse. « Il y a des effets délétères sur la santé, mais aussi sur la vie privée et professionnelle », explique Martine Aoustin, directrice de l'agence régionale de santé. Priorité : dépister l'obésité dès le plus jeune âge. En Languedoc-Roussillon, 4% des enfants de 6 ans sont obèses, contre 3,1% sur le plan national. Objectif : faire baisser ce chiffre de 10% en 3 ans.
Un nouveau mode de vie
Mais la méthode «y a qu'à , faut qu'on» a vécu. C'est le bon sens médical qui entre en jeu. Selon un sondage réalisé parmi 700 médecins de la région, l'immense majorité déclare ne pas faire cas des problèmes de surpoids. « Pourtant, il n'y a qu'à voir dans les salles d'attentes, le nombre de gens que cela concerne», s'indigne le professeur Antoine Avignon, chef du service nutrition au CHU de Montpellier. «Et quand un patient obèse arrive devant eux pour des problèmes liés au poids, ce sont les premiers à dire qu'il aurait pu faire attention ». Si la question du surpoids crispe les adultes, comment, alors, l'évoquer avec un enfant ? Pour Camille, « ça ne servait à rien qu'à me rendre encore plus mal ». Mais le responsable du Plan national obésité, le professeur Arnaud Basdevant, médecin à la Pitié-Salpétrière à Paris, propose une méthode redoutable, aux parents : limiter le « temps devant la télé et le grignotage inconscient ». Substituer le sport à l'ennui : la clef de la lutte contre l'obésité. En Espagne, il est même prescrit sur ordonnance médicale. « Le sport va de paire avec la perte de poids. Il ne faut pas faire de régime, et encore moins chez un enfant en pleine croissance, mais un réapprentissage alimentaire », poursuit le Pr Avignon. Camille reconnaît que l'ennui a souvent été «comblé par la nourriture ». La jeune fille, diabétique depuis dix ans, a depuis changé ses habitudes. « Je n'ai jamais pensé aux problèmes de santé, je voulais juste être bien dans ma tête. Je ne connais pas d'obèses qui soit heureux.»
Il s'agit d'un excès de masse grasse, ayant des conséquences sur la santé : 80% des adultes ont des problèmes circulatoires, de l'hypertension ou du diabète. Chez certains enfants, on trouve asthme et apnée du sommeil.