VIDÉO. Montpellier : Partiellement relaxée pour prise illégale d'intérêt, Stéphanie Jannin réintégrée auprès du maire

JUSTICE La justice a estimé qu’il n’y avait pas de faute dans le cadre du projet de Las Rébès. En revanche, l’élue a été condamnée pour avoir voté des subventions qui concernaient son compagnon…

Nicolas Bonzom

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Stéphanie Jannin, élue à Montpellier.

Stéphanie Jannin, élue à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

  • Stéphanie Jannin a été élue en 2014 sur la liste de Philippe Saurel.
  • Ses fonctions d’élue à l’urbanisme ont été suspendues pendant l’affaire. Philippe Saurel a réintégré l'adjointe dans l'exécutif ce lundi, à l'environnement.
  • Ce lundi, la conseillère municipale a été partiellement relaxée.

Décision en demi-teinte, ce lundi, pour Stéphanie Jannin.

L’ex-élue à l’urbanisme de Philippe Saurel, le maire divers gauche de Montpellier, et ex-candidate LREM malheureuse aux législatives, qui était absente lors de la lecture du délibéré, a été condamnée à une peine d’amende de 5.000 euros pour avoir participé à un vote auquel elle n’aurait pas dû prendre part : le vote des subventions en 2015 et en 2016 à la Maison de l’architecture, dont le président n’est autre… que son compagnon.

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« Il n’y a aucune atteinte à l’intérêt général »

« Elle a été reconnue coupable pour une erreur de nature administrative et technique, puisque le vote dont il s’agit a été pris à l’unanimité en conseil municipal. Sa participation ne changeait rien, elle était dictée par l’intérêt général. Simplement, ce qui est reproché à Stéphanie Jannin, c’est de ne pas avoir vu dans un tableau où il y a 160 lignes, qu'une ligne mentionnait la Maison de l’architecture », a confié son avocat Gilles Gauer. Pour lui, il n’y a aucune atteinte à la « probité et à l’intérêt général ». Son compagnon a été relaxé.

En revanche, l’ex-adjointe a été blanchie des accusations de prise illégale d’intérêt dont elle était soupçonnée. La justice a estimé qu’il n’y avait pas d’anomalie dans l’affaire Las Rébès : ce projet de construction de logements sociaux avait suscité la colère des habitants, qui ne voulaient pas voir disparaître leur colline, qui faisait, assuraient-ils, le bonheur des familles. Pendant des mois, des zadistes avaient occupé les lieux.

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La Zad de Las Rébès
La Zad de Las Rébès - N. Bonzom / Maxele Presse

« Jetée en pâture aux médias »

Au cœur des faits reprochés à Stéphanie Jannin : le vote d’un avenant à ce marché de construction de logements sociaux, d’un montant de 70.000 euros, obtenu par une société dont elle avait été salariée. Le tribunal a estimé qu’il n’y avait pas de faute.

Pour son avocat, Stéphanie Jannin aurait été « jetée en pâture » aux médias, à travers de « fausses accusations ». Une affaire qui est intervenue à deux jours du vote du deuxième tour des dernières élections législatives, où l’ex-candidate de la République en Marche affrontait une candidate de la France Insoumise, qui a remporté le duel.

« Une conseillère municipale a été condamnée »

Thierry Teulade, porte-parole de l’association Les enfants de la colline, qui s’est battue pour faire annuler le projet de logements à Las Rebes, l’affaire n’a pas fait « totalement pschitt, comme certains le souhaitaient ». « Ce soir, on peut tout de même dire qu’une conseillère municipale a été condamnée pour des faits qui interviennent dans le cadre de son exercice. On nous avait promis à Montpellier de la politique autrement… », note-t-il.

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En fin d'après-midi, Philippe Saurel a réintégré Stéphanie Jannin à son exécutif, jugeant que le tribunal avait reconnu « sa probité ». Mais elle ne sera plus chargée de l'urbanisme, comme elle l'était avant que l'affaire n'éclate, mais de l'environnement.