Montpellier: Les Russes ont raté le lancement, le microsatellite fabriqué à l'université a été détruit

ESPACE La nouvelle a plongé les étudiants du Centre spatial dans une grande tristesse…

Nicolas Bonzom

— 

Un ancien étudiant du Centre spatial universitaire suit le parcours d'un nanosatellite (Archives).

Un ancien étudiant du Centre spatial universitaire suit le parcours d'un nanosatellite (Archives). — N. Bonzom / Maxele Presse

« Allô Montpellier, on a un problème. » Déception pour les étudiants du Centre spatial universitaire de Montpellier :le microsatellite, qu’ils ont contribué à fabriquer, a été détruit dans l’espace. Son lancement, effectué mardi à l’aube depuis le cosmodrome Vostotchny, en Russie, a échoué, plongeant la structure dans une grande tristesse.

>> A lire aussi : C'est quoi ce microsatellite, conçu au Centre spatial universitaire de Montpellier, qui a décollé mardi matin ?

« Cette nouvelle nous attriste pour nos amis russes de Bauman [l’école technique de Moscou qui a également contribué à la construction du satellite] et pour l’équipe du Centre spatial qui s’était investie sur le projet », indique la structure sur Facebook.

« Chercher une aiguille dans une botte de foin »

« Je n’ai beaucoup plus d’informations », confie mercredi matin à 20 Minutes Laurent Dusseau, le directeur du Centre spatial, qui attendait impatiemment un communiqué de Roscomos, l’agence spatiale russe. « A priori, il y a eu un problème avec le dernier étage de la fusée, et les satellites n’auraient pas été mis correctement en orbite. Pour résumer, on ne sait pas où il se trouve à l’heure actuelle. Est-ce que le satellite est sur une mauvaise orbite, est-ce qu’il est tombé dans l’océan ? Vous savez, chercher un satellite dans l’espace, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. »

Quelques heures plus tard, des informations plus précises arrivaient à Montpellier. « Ce serait l’étage supérieur du lanceur qui aurait poussé dans une mauvaise direction, provoquant son plongeon dans l’atmosphère et sa destruction au-dessus de l’Océan Atlantique, avec tous les satellites qu’il contenait », indique le Centre spatial héraultais.

>> A lire aussi : VIDEO. Montpellier : On a posé un pied au Centre spatial universitaire

« Notre premier objectif est de former les jeunes »

« Nous sommes désolés pour nos confrères russes, car c’est déjà la deuxième fois qu’ils perdent un satellite à cause d’un lanceur [la première, c’était le 1er décembre 2016]. En ce qui nous concerne, souligne la structure montpelliéraine, notre premier objectif est de former les jeunes et cela a été une belle réussite. La mission technique ne peut pas être réalisée et c’est dommage, car nous aurions eu plus de données avec Baumanets 2, mais nous avons déjà en orbite depuis juin dernier notre nanosatellite Robusta 1B, qui est parfaitement opérationnel et nous envoie chaque jour le même type de données. »

Deux étudiants fabriquent un nanosatellite.
Deux étudiants fabriquent un nanosatellite. - N. Bonzom / Maxele Presse

Baumanets 2, le nom de ce microsatellite d’environ 80 kg, contenait une expérience, développé entre 2010 et 2013 à l’université de Montpellier, qui consistait à mesurer les effets des radiations et du voyage dans l’espace sur des composants électroniques.