Montpellier: La plainte pour diffamation d’un ex-élu FN contre Philippe Saurel relancée

JUSTICE La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Montpellier aurait demandé « un supplément d’information aux fins de la mise en examen » du maire…

Nicolas Bonzom

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Philippe Saurel.

Philippe Saurel. — N. Bonzom / Maxele Presse

« Djamel Boumaaz a franchi la ligne rouge de l’inacceptable. » C’est pour cette phrase que Philippe Saurel, le maire divers gauche de Montpellier, pourrait être inquiété par la justice. L’homme en question, un conseiller municipal de l’opposition, élu en 2014 sur la liste FN, aujourd’hui sans étiquette, avait déposé une plainte pour diffamation.

C’était en 2016. Le 23 mai, le maire, dans un communiqué, s’était ému de tweets publiés sur un compte portant le nom de Djamel Boumaaz, où l’on pouvait lire de virulents propos antisémites et anti-Israël. L’édile avait saisi le procureur de la République.

Son identité avait été usurpée

Oui, mais voilà, comme l’indiquait à 20 Minutes l’ex-élu FN, il n’avait pas de compte Twitter, et n’en a « jamais eu ». Ce n’était pas lui. Il affirmait aussi « condamner absolument tout ce qui a été écrit ». Le compte avait en fait été ouvert par un autre homme, qui aurait usurpé l’identité du conseiller municipal, et qui a été interpellé.

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Des faits qui sont intervenus alors que Djamel Boumaaz, coutumier des polémiques, avait décroché quelques jours plus tôt le drapeau LGBT hissé à l’hôtel de ville, avant de tenter de l’enterrer. « Je ne comprends pas comment le maire peut publier un communiqué me taxant de propos antisémites, alors que depuis plusieurs heures, les médias annoncent que ce compte ne m’appartient pas », confiait Djamel Boumaaz à 20 Minutes en mai 2016. « Je ne suis pas censé savoir que ce compte est vrai ou faux, se défendait le maire. Je saisis le procureur. Si le procureur dit que le compte est faux, le compte est faux. »

Le compte Twitter supprimé ce lundi.
Le compte Twitter supprimé ce lundi. - Twitter

« Un supplément d’information aux fins de la mise en examen »

Selon Midi Libre, la plainte en diffamation du conseiller municipal aurait porté ses fruits. Le 9 novembre, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Montpellier aurait demandé « un supplément d’information aux fins de la mise en examen » de Philippe Saurel. Trois mois après une première décision, rendue par le juge d’instruction, qui décidait de ne pas poursuivre le maire et président de la métropole de Montpellier.

Des informations confirmées ce lundi par Philippe Saurel, qui n’a pas souhaité s’exprimer pour l’instant. Djamel Boumaaz, lui, évoque une « première victoire » sur Facebook.