Montpellier: Non, mais c'était quoi cette pelouse de la Mosson ?

FOOTBALL Un champignon a attaqué la pelouse de la Mosson, dans un triste état. Le MHSC qui en subit d'habitude les conséquences y a trouvé un allié pour faire déjouer Paris, samedi...

Jerome Diesnis

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Les jardiniers du stade de La Mosson n'y peuvent pas grand-chose cette fois-ci. Le pythium est dans la place.

Les jardiniers du stade de La Mosson n'y peuvent pas grand-chose cette fois-ci. Le pythium est dans la place. — Nicolas Bonzom / Agence Maxele Presse

« L’état du terrain nous a aidés. » Vitorino Hilton le prend avec humour et comme un coup de pouce non négligeable. Le capitaine de Montpellier a constaté comme tout le monde l’ampleur des dégâts. Comme en 2016, il y a quasiment un an jour pour jour, la pelouse a été attaquée par un champignon : le Pyricularia .

Indigne, « scandaleuse », dixit le coach Der Zakarian, la pelouse de la Mosson attise les critiques. Et samedi, la France entière a pu constater les dégâts. Mauvaise com pour le club… qui n’y est pour rien.

Le substrat pointé du doigt

La métropole, propriétaire des lieux, en charge de son entretien, plaide la bonne foi : « Avec une forte incitation de la Ligue, un certain nombre de stades en France - notamment le nôtre il y a deux ans - ont mis en place des pelouses dites hybrides », détaille Christian Fina, Directeur Général des Services de la Ville et de la métropole.

Le substrat de ces pelouses, élaboré avec des fibres synthétiques, du liège, du sable et bien sûr de l’herbe, a pour avantage de mieux résister à l’arrachement et au froid de l’hiver. Mais côté inconvénient, il favoriserait le Pyricularia qui se développe quand les températures atmosphériques dépassent 30°C et celles du sol ne descendent sous les 24°C. Bingo : la chaleur cet été combiné à l’arrosage ont entraîné sa prolifération.

Les scientifiques appelés à la rescousse

Le hic, « c’est qu’il n’existe pas de produit qui permette sa destruction, constate Christian Fina. On travaille avec le Cirad (Recherche agronomique pour le développement) pour trouver une solution, car ce champignon est connu et traité dans le cadre du riz et du blé ».

En attendant, il va falloir attendre que les semis poussent. Et d’ici à ce qu’elle soit de nouveau verte, ça va prendre du temps. En attendant, Christian Fina est formel : « Cela dégrade l’aspect visuel, mais n’a pas d’incidence sur la qualité du terrain et du jeu ». Pas sûr que les Parisiens partagent cette analyse. Mais au moins, aucun d’entre eux n’a eu le mauvais goût de l’invoquer comme excuse à ce 0-0...