Handball: «Des joueurs condamnés pour escroquerie peuvent-ils jouer en Bleus?», s’interroge le président du Montpellier Handball

AFFAIRE DES PARIS Le président du Montpellier Handball, où évoluaient les frères Karabatic en 2012, prend acte de leur condamnation et évoque les conséquences du point de vue de l’éthique…

Jerome Diesnis

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Rémy Lévy, le président du MHB.

Rémy Lévy, le président du MHB. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Les frères Luka et Nikola Karabatic ont annoncé lundi leur intention de retirer leur pourvoi en cassation dans l’affaire des paris pour le match Cesson - Montpellier du 12 mai 2012, pour laquelle 16 prévenus ont été jugés.

Les frères Karabatic sont jugés définitivement coupables et condamnés à deux mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour complicité d’escroquerie par manœuvre frauduleuse. Le club de Montpellier, où évoluaient les joueurs condamnés par la cour d’appel pour escroquerie, veut également faire valoir ses droits dans ce dossier. Rémy Lévy, président du MHB, évoque les suites de cette condamnation.

Quelles sont les conséquences de cette culpabilité pour le MHB ?

Ça met fin à l’affaire pour les frères Karabatic, mais le pourvoi a également été formé par les autres : Bojinovic, Honrubia, Gajic, Tej, Prost…. Pour eux, la procédure continue et la Cour de cassation sera amenée à rendre un arrêt, vraisemblablement dans le courant du premier semestre 2018.

Allez-vous demander des poursuites à l’encontre des frères Karabatic ?

Le Montpellier Handball s’est déjà constitué partie civile. Cette constitution avait été rejetée pour des raisons purement techniques : la prévention parlait d’escroquerie au détriment de la Française des jeux. La Cour d’appel a estimé qu’il n’y avait pas de lien direct avec le club. Nous nous sommes pourvus en cassation. Si le pourvoi est rejeté, nous aurons toujours la voie d’engager une action civile distincte par la suite.

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Que réclamez-vous ?

Notre préjudice le plus direct était la perte de sponsoring. Brother s’était retiré dans la foulée de l’affaire de façon très explicite. Ensuite, il y a les préjudices liés à la détérioration de l’image du club, qui bénéficiait d’une belle notoriété. On est dans un recours d’environ 500.000 euros. Ça n’a pas de
caractère vital, mais c’est une question de principe que l’on défendra.

Que vous inspire la décision des Karabatic ?

J’ai été surpris de ce désistement. Leurs avocats avaient dit : « le match continue et on va le gagner en cassation ». A priori, leur match ne devait pas être si bon que ça et ils n’ont pas eu envie de le jouer.

D’un point de vie éthique, qu’est-ce que cette condamnation induit ?

Je ne commenterai pas l’affaire sur le fond. Je suis avocat de profession et je n’ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice. Reste désormais un double aspect éthique : l’aspect compétition en ce qui concerne ces joueurs en championnat et cela est du ressort la Ligue nationale de handball. Et l’aspect équipe de France avec cette question qui agite les réseaux sociaux : des joueurs condamnés pour escroquerie peuvent-ils jouer en Bleus ? C’est de la compétence de la Fédération Française de handball.

La balle n’est pas dans notre camp. Les joueurs ne sont plus Montpelliérains depuis les faits. On avait pris à l’époque les dispositions que l’on estimait utiles à la préservation de l’éthique et de la morale du club.