Aude: un homme est-il mort à cause d’un délai d’intervention trop long?

FAITS DIVERS Un habitant de Ginoles, près de Carcassonne est décédé d’un arrêt cardiaque plus de 35 minutes après avoir appelé les secours, sans qu’un médecin urgentiste ait pu le prendre en charge…

M.F

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Le Samu-Smur (illustration)

Le Samu-Smur (illustration) — J.S. Evrard / SIPA

Il est 21 heures 20 ce jeudi 10 août lorsqu’un habitant de Ginoles, dans l’Aude, compose le « 15 », rapporte La Dépêche du Midi. L’homme de 45 ans se plaint de douleurs au thorax et au bras gauche, des signes souvent avant coureurs d’un malaise cardiaque. En raison de la pénurie médicale qui frappe la Haute Vallée de l’Aude, le Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (Smur) de Quillan, la commune juste au-dessus de Ginoles, est fermé ce jour-là.

Toujours selon le quotidien, c’est une ambulance privée qui est d’abord envoyée sur place. Compte tenu de l’état de l’homme, l’ambulancier n’a pas les compétences pour le prendre en charge. Après avoir à nouveau contacté le « 15 », c’est un infirmier sapeur-pompier qui est finalement détaché sur le lieu de l’intervention. Même constat que pour l’ambulancier : l’infirmier n’a pas les compétences nécessaires, l’homme a besoin d’être pris en charge par un médecin urgentiste.

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Il est déjà 21 heures 54 quand l’infirmier sapeur-pompier contacte au Smur de Carcassonne, dont le centre hospitalier fait également face à une pénurie de médecins urgentistes. Malheureusement ces derniers viennent d’être mobilisés sur un accident de la route. Après plusieurs minutes, les urgentistes du Smur de Carcassonne peuvent finalement se mettre en route, mais il est trop tard. Plus de 35 minutes après son premier appel au « 15 », l’homme est décédé à son domicile.

« Une question de loterie »

S’il est difficile d’affirmer que le quadragénaire aurait survécu si un médecin urgentiste avait pu intervenir plus rapidement, le drame met le doigt sur une problématique qui inquiète les élus et les habitants de la Haute Vallée de l’Aude. « Nous sommes face à une pénurie médicale qui ne nous permet plus d’assurer les secours. On le voit, les délais de prise en charge sont importants et chaque minute compte, a confié une source proche du milieu médical à La Dépêche du Midi. Fermer des antennes Smur plusieurs jours par mois, c’est une question de loterie ! »