Top 14: Premier transfert de l'histoire, la venue de Picamoles place le rugby dans le sillage du foot

RUGBY Le retour de Louis Picamoles à Montpellier est le premier transfert de l’histoire du rugby ayant fait l’objet d’une négociation de gré à gré entre clubs. Une pratique courante au football mais encore jamais vu au rugby dont l’économie est plus fragile…

Jerome Diesnis

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De retour à Montpellier, Louis Picamoles peut être considéré comme le premier transfert de l'histoire du rugby.

De retour à Montpellier, Louis Picamoles peut être considéré comme le premier transfert de l'histoire du rugby. — Miguel MEDINA / AFP

  • Louis Picamoles s’est engagé pour trois ans avec Montpellier, son club formateur
  • Selon Miguel Fernandez, l’un des principaux agents du milieu, ce type de transactions devrait rester exceptionnelle compte tenu de l’économie du rugby, plus fragile que celle du football

Huit ans après avoir quitté Montpellier, Louis Picamoles est de retour dans son club formateur. Celui qui est considéré comme le meilleur numéro huit du monde, s’est engagé pour trois saisons avec le MHR. Un retour, en forme de grande première : l’international aux 62 sélections est le premier vrai transfert de l’histoire du rugby professionnel.

Souvent citée en référence, l’arrivée en 2010 de Benjamin Fall (aujourd’hui Montpelliérain) au Racing 92 pour 506.000 euros n’avait pas fait l’objet de négociations avec de Bayonne, son club d’origine : les Franciliens s’étaient acquittés de la clause de départ, inscrite dans le contrat. « Avec Louis, il s’agit à ma connaissance de la première négociation de gré à gré entre deux clubs », précise Miguel Fernandez, l’agent mandaté par le MHR pour mener les négociations avec Northampton.

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Dans 95 % des cas, le rôle des agents dans le rugby est de défendre les intérêts des joueurs et négocier les salaires avec les clubs. Les discussions sur des indemnités de transfert sont inexistantes. Lorsqu’un joueur quitte un club avant la fin de son contrat, la situation est liée neuf fois sur dix à la volonté des clubs de se séparer d’un joueur de l’effectif. Jusqu’à présent, les clubs acheteurs intéressés pour récupérer le rugbyman en disgrâce devaient s’acquitter d’un montant équivalent à 80 % des salaires restant dus. « S’il n’y a qu’un seul texte de loi qui régit tous les sports, les us et coutumes du rugby sont très différents des pratiques dans le milieu du football », conclut l’agent des stars du Top 14, proche de Picamoles depuis douze ans.

« Le rugby n’est pas le foot »

Selon les indiscrétions anglaises, le transfert de Picamoles s’élèverait à un million d’euros. Le joueur explique « ne pas avoir souhaité être associé aux discussions de ce transfert ». L’indemnité ne le concerne pas mais sera versée à Northampton. En revanche, le salaire proposé par Montpellier « assurera, dans le futur, la stabilité financière de sa famille », précisent pudiquement les Saints.

La Fédération s’est également investie dans le retour en France de l’un des piliers du XV tricolore. Picamoles bénéficiera de la convention signée entre FFR et la LNR, censée accroître la compétitivité du XV de France : 30 internationaux identifiés dans une liste « Elite » seront mis 120 jours par an à disposition des Bleus.

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En lançant le rugby dans l’ère des transferts, Mohed Altrad, président du MHR, a-t-il ouvert la boîte de Pandore de la surenchère telle qu’elle existe dans le football ? Miguel Fernandez en doute. « On pourrait assister à d’autres transferts dans le futur, mais cela restera exceptionnel, précise-t-il. L’économie du rugby n’a rien à voir avec celle du foot, elle est limitée à la France et au Royaume-Uni. Quel qu’en soit le montant, un transfert serait très impactant pour les clubs dont le budget moyen en Top 14 s’élève à environ 20 millions d’euros. »

Même si le budget cumulé des clubs du Top 14 est chaque année plus important, on reste effectivement bien loin des sommes astronomiques du football…