Gard: Un site pollué continue de créer la polémique par manque de transparence des autorités

ENVIRONNEMENT La préfecture du Gard refuse de rendre immédiatement public un rapport sur la pollution de l’environnement dans les zones proches d’anciennes mines de zinc et de plomb…

G.D. avec AFP

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Une des anciennes mines, dans le Gard.

Une des anciennes mines, dans le Gard. — Capture d'écran

Elle dénonce le manque de transparence et craint un danger pour la population. L’association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (ADAMVM) a réclamé, vendredi, à Anduze, dans le Gard, la publication immédiate d’un rapport sur la pollution des sols, des eaux et de l’air dans des zones proches d’ex-mines de zinc et de plomb du Gard.

« C’est leur santé qui est en jeu »

« Les résultats sont connus depuis mars par la Dreal* mais ils sont confisqués jusqu’en juillet, voire en décembre, a contesté François Simon, au nom de l’ADAMVM, lors d’une rencontre avec la presse. C’est scandaleux, car les personnes concernées les attendent de manière désespérée : c’est leur santé qui est en jeu ».

« Tous ces délais ne font que créer de l’inquiétude et de la colère : les gens se disent que s’ils ne nous donnent pas ces résultats, c’est qu’ils sont mauvais », souligne Michel Bourgeat. Il figure parmi les 46 personnes chez qui les taux les plus anormaux de métaux - arsenic, plomb et cadmium - ont été décelés lors d’une première campagne de dépistage menée fin 2015 sur 675 volontaires par l’Agence régionale de santé (ARS).

Le rapport complémentaire en question, effectué par Géodéris, porte sur des analyses de l’eau, des sols et des poussières effectuées dans 250 foyers touchés par cette pollution dans plusieurs communes de la région d’Anduze.

Confirmation de l’état de pollution de certains dépôts miniers

Selon l’association, qui dénonce depuis des années une « omerta », les autorités ont mis en avant la nécessité de fournir des « analyses synthétiques » des résultats avant de les divulguer. Aucun commentaire de la Dreal Occitanie n’a pu être obtenu par l’AFP.

>> A lire aussi : 45 plaintes pour mise en danger de la vie d'autrui dans l'affaire des anciennes mines du Gard

Un rapport conjoint du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et de l’IGAS (Inspection générale de l’action sociale) avait « confirmé » en décembre 2016 « l’état de pollution de certains dépôts miniers anciens ».

Une cinquantaine de plaintes

La contamination environnementale attribuées aux mines Joseph et Croix-de-Pallières, abandonnées respectivement en 1955 et 1971 par l’entreprise belge Union minière, devenue Umicore, ont engendré depuis mars 2016 une cinquantaine de plaintes contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Les plaignants estiment avoir été laissés pendant de longues années dans l’ignorance des dangers encourus.

* Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.

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