Top 8: Montpellier et Gaëlle Mignot championnes de France pour la sixième fois

RUGBY Capitaine de l'équipe de France et de Montpellier, vainqueur 17-11 en finale contre Lille, Gaëlle Mignot se bat depuis dix ans pour améliorer le statut des féminines...

Jerome Diesnis

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La talonneuse Gaëlle Mignot, ici au lancer en touche contre Lille Villeneuve d'Ascq en phase régulièr, est une joueuse exemplaire

La talonneuse Gaëlle Mignot, ici au lancer en touche contre Lille Villeneuve d'Ascq en phase régulièr, est une joueuse exemplaire — Jean-Louis Cucala

  • Montpellier s'est imposé 17-11 en finale du Top 8, l'équivalent du Top 14 féminin
  • C'est le sixième titre pour les Montpelliéraines et le sixième également pour leur capitaine emblématique
  • Gaëlle Mignot est très investie dans le développement du rugby féminin

Elle a levé le bouclier au ciel pour la sixième fois. Championne de France une fois encore après la victoire de Montpellier contre Lille (17-11), Gaëlle Mignot est beaucoup plus que la talonneuse du MHR. Enfin, du MRC, la structure amateur du MHR, depuis dix ans.

Elle est à la fois l’âme de l’équipe, la capitaine dans les bons et les mauvais moments, le relais des entraîneurs dans le vestiaire et sur le terrain… Et l’une des personnes les plus investies dans le développement du rugby féminin en France. « Même si elle n’a pas le statut pro, parce qu’elle ne vit pas de son sport, elle l’est dans son attitude, résume l’entraîneur Olivier Clessienne. C’est exceptionnel d’avoir de telles joueuses. »

« Des moments rares »

Montpellier a repris le bouclier à Lille, championne de France en titre, samedi au stade André-Moga de Bègles (Gironde), et a décroché un sixième Bouclier du Top 8, l’élite du rugby féminin. Le rendez-vous d’une saison. D’une fin de carrière, peut-être, pour l’internationale française. A 30 ans et après tant d’investissement, Gaëlle Mignot ne sait pas si elle poursuivra l’aventure. Son émotion était forte, le dimanche précédent en demi-finale, après la qualification contre Blagnac Saint-Orens.

« Que je m’arrête ou pas, ce sont des moments rares que je ne revivrai peut-être pas. Alors j’en profite. Je m’interroge, mais je remets ces questions-là à plus tard. Après la Coupe du monde », en août, en Irlande.

« Elle vit et dort rugby »

Mais pour la tricolore, l’avenir sera sur le terrain ou sur le banc. « Elle ne peut pas vivre sans rugby, c’est toute sa vie », sourit Olivier Clessienne. Elle vit rugby, dort rugby, entraîne des équipes jeunes et intervient au MHR sur la mêlée. Et s’implique à Provale, syndicat des joueurs professionnels, pour obtenir le statut pro que les meilleures Anglaises possèdent déjà. « La médiatisation de notre discipline, les moyens donnés pour préparer la Coupe du monde, le nombre record de jeunes filles qui s’inscrivent au MRC… Ce sont des images fortes que je garde de ces dix dernières années. » Avec la grande satisfaction d’y avoir beaucoup contribué.

Et puis il y a le reste, le palmarès. Six boucliers, deux tournois des Six Nations (dont un grand chelem en 2014), une troisième place lors de la Coupe du monde. Un palmarès de championne.