Hérault: Vers l’ouverture d’une étude sur l’impact sur la santé de l’incinérateur de Lunel-Viel

SANTE L’ARS a reçu une délégation composée d’habitants, spécialistes et élus. Le collectif veut connaître les effets sur la santé de l’incinérateur installé depuis 1999 à Lunel-Viel…

Jerome Diesnis

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L'Agence régionale de santé a acté l'idée d'une étude participative.

L'Agence régionale de santé a acté l'idée d'une étude participative. — V. WARTNER / 20 MINUTES

  • L’incinérateur est en fonction depuis 1999
  • « On retrouve les mêmes types de cancer qu’autour d’autres incinérateurs »

Voilà des mois, voire des années, que des associations se battent afin d’obtenir l’ouverture d’une enquête sur la potentielle dangerosité de l’incinérateur de Lunel-Viel, en fonction depuis 1999. Si rien n’est encore acquis, une délégation d’habitants de Lunel-Viel, une commune de l’Hérault, a été reçue lundi par l’ARS (Agence régionale de Santé). Et c’est un premier pas important après des années de silence aux inquiétudes d’habitants, notamment celles d’Adrien Riff.

La délégation était accompagnée d’élus et de spécialiste. Dont Mariette Gerber, cancérologue, spécialiste en évaluation du risque. « On retrouve les mêmes types de cancer qu’autour d’autres incinérateurs. Il y a des données qui posent question, souligne-t-elle. On ne peut dire qu’elles sont inquiétantes. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas du tout de risque. Il faut évaluer ce risque. Si on ne veut pas l’évaluer, on applique le principe de précaution. »

Une étude menée sur des volontaires

Francis Glémet, président de l’Amies (Association des médecins pour l’environnement et la santé publique) a demandé à l’ARS la mise en place d’une étude participative financée en partie par la commune de Lunel-Viel, plutôt qu’une enquête épidémiologique, trop coûteuse. « Elle permettra à travers un questionnaire de voir s’il y a dans l’apparition des pathologies un lien avec l’incinérateur. Ces méthodes permettent de sensibiliser les décideurs politiques et les personnes qui sont sous les fumées de l’incinérateur », évoque-t-il.

Cette étude, dont le principal a été acté par l’ARS, permettra d’étudier le style de vie des volontaires. « Son environnement, s’il s’alimente de produits locaux éventuellement contaminés par les dioxines, s’il vit près de l’autoroute, fume ou pratique une activité physique », détaille Mariette Gerber.

La délégation de service publique de l’incinérateur liant la communauté de communes à Ocréal prend fin en 2019.