Montpellier : Les cinq défis de l'aéroport pour faire face à Toulouse et Marseille

TRANSPORTS Pour atteindre son objectif de 2,5 millions de passagers d’ici cinq ans, l’infrastructure booste ses destinations et se modernise…

Nicolas Bonzom

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Une Navette de Hop décolle à Montpellier ce mercredi.

Une Navette de Hop décolle à Montpellier ce mercredi. — N. Bonzom / Maxele Presse

L’aéroport de Montpellier affiche ses ambitions : passer la barre des 2,5 millions de passagers d’ici cinq ans. Un challenge pour l’infrastructure, concurrencée par le TGV, tiraillée entre Toulouse et Marseille, et obligée de composer avec les petits aéroports.

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Si en 2016, l’aéroport de Fréjorgues a connu une hausse de la fréquentation de 10,7 %, avec plus d’1,6 million de passagers, il attend une croissance de 7 % cette année. 20 Minutes fait le point sur les cinq défis qui attendent Montpellier-Méditerranée.

Attirer de nouvelles destinations

Pour tenter de réussir son pari de s’imposer parmi les grands aéroports en France, Montpellier-Méditerranée tente de booster son offre. Cette année, au plus fort de l’été, il y aura pour l’instant 31 routes disponibles depuis la capitale héraultaise, dont six nouvelles (Lille le 31 mars, Londres-Heathrow le 3 mai, Bastia le 20 mai, Palma de Majorque le 23 mai, Stockholm le 19 juin et Ibiza le 8 juillet) et 17 compagnies aériennes, dont deux nouvelles, British Aiways, qui fait son retour à Montpellier, et Germania.

« On souffrait jusqu’ici d’un manque de destinations de loisirs, note Emmanuel Brehmer, président du directoire. Avec l’ouverture de Palma de Majorque ou Ibiza, on se rattrape. Lille était aussi une destination très attendue, orientée business, mais pas seulement. » L’Espagnol et le Portugal, encore à la traîne, sont parmi les cibles de l’infrastructure. Des vols vers Barcelone, petite révolution à Montpellier, pourraient bientôt débarquer.

Composer avec les petits aéroports

L’aéroport peut-il concurrencer Toulouse ou Marseille alors qu’il est lui-même aux prises de petits aéroports dans le Languedoc-Roussillon, dont certains « piquent » même des destinations à Montpellier ? En Occitanie, l’aéroport toulousain raflait 70 % des passagers en 2015, Montpellier seulement 14,5 %. Cumulées, les fréquentations de ceux de Perpignan, Béziers, Nîmes et Carcassonne représentaient 10,6 points.

« Ce que je dis, c’est que l’on serait plus fort ensemble, confie Emmanuel Brehmer. Nous sommes à la disposition de ceux qui veulent entamer ou reprendre le dialogue. Je suis convaincu que cela va être difficile d’exister entre Toulouse et Marseille s’il y a autant d’aéroports sur notre territoire. » Selon le président du directoire, la région serait par ailleurs en train d’étudier la possibilité d’une optimisation du maillage aéroportuaire.

Se moderniser

L’aéroport se paie un lifting : plusieurs projets d’envergure ont été lancés pour moderniser l’infrastructure, qui est quelque peu vieillissante. D’abord, un projet d’environ 7.900 m2, qui va englober la construction d’un hôtel 3 étoiles de 76 chambres, un hôtel 2 étoiles, une brasserie d’une centaine de couverts, un centre de séminaires et un complexe sportif avec un squash, une piscine et une boutique. La première pierre de ce petit village devrait être posée à la fin de l’année, pour une ouverture avant l’été 2019.

Le projet d'hôtels près de l'aéroport de Montpellier.
Le projet d'hôtels près de l'aéroport de Montpellier. - Aéroport / Fondeville / Arrelia

L’autre projet va concerner l’aérogare : Montpellier-Méditerranée va être entièrement repensé, afin de « porter sa capacité à 2,2 millions de passagers ». Le hall de départ, les circuits passagers et les halls d’embarquement vont être réinventés, quatre bornes d’enregistrement seront ajoutées et le duty free sera considérablement agrandi. Au total, cela représente pour l’aéroport un investissement de quelque 16 millions d’euros.

Un nouvel espace commercial pour l'aéroport.
Un nouvel espace commercial pour l'aéroport. - Aéroport

Chouchouter les entrepreneurs

Une association, A + B (pour Aéroport + Business) a été créée. Son but : rendre Fréjorgues « business friendly », explique Bertin Nahum, fondateur de l’entreprise de robotique médicale Medtech, président de la structure : « Cette association permet de faire dialoguer l’aéroport et les entreprises. On ne rappelle pas assez qu’un aéroport performant est primordial pour le développement économique d’un territoire. »

L’objectif : faire remonter les demandes des chefs d’entreprise. L’association a permis la mise en place d’un coupe-file, d’un salon business et a porté l’arrivée de la Navette Hop !. Preuve que l’aéroport souhaite chouchouter les « pros » : il est le premier en France à mettre en place le dispositif Samdex, qui permet d’inspecter les chaussures des passagers sans les enlever, juste en posant le pied sur le détecteur. « Enlever ses chaussures était mal vécu par la clientèle business », note Emmanuel Brehmer.

Rendre l’aéroport plus accessible

Si l’aéroport de Montpellier reste beaucoup plus proche du centre-ville (5 à 10 minutes en voiture) que les infrastructures de Toulouse ou de Marseille, il reste encore à régler un déficit en termes d’accessibilité, surtout lorsqu’on ne dispose pas d’un véhicule.

« Non, nous ne sommes pas satisfaits de l’accessibilité à l’aéroport, c’est un thème sur lequel nous travaillons, souligne Emmanuel Brehmer, président du directoire. Nous espérons pouvoir prochainement mettre en place des tarifs forfaitaires pour les taxis, et nous étudions la possibilité d’améliorer la connexion avec le centre-ville avec la Tam. » Une navette plus régulière pourrait être mise en place depuis l’arrêt de tramway de Boirargues, près du centre commercial Carrefour. Quant à la possibilité de faire venir une ligne de tramway directement à l’aéroport, elle n’est pour l’instant pas d’actualité…