Georges Frêche a commencé sa vie politique en tant que maire de Montpellier en 1977. En 2004, il est élu président du conseil régional. Un mandat renouvelé en mars 2010 jusqu'à dimanche dernier, où il est foudroyé à l'hôtel de région par une crise cardiaque.
Georges Frêche a commencé sa vie politique en tant que maire de Montpellier en 1977. En 2004, il est élu président du conseil régional. Un mandat renouvelé en mars 2010 jusqu'à dimanche dernier, où il est foudroyé à l'hôtel de région par une crise cardiaque. - DAMOURETTE / SIPA

C’était il y a tout juste quarante ans : le 20 mars 1977, Georges Frêche remportait les élections municipales à Montpellier. Cinq jours après, à 39 ans, le Tarnais, professeur de droit, était officiellement investi de cette fonction par le conseil municipal.

Dès samedi, et jusqu’au 8 avril, l’hôtel de ville accueillera une exposition de unes et de photographies retraçant la carrière du « bâtisseur », controversé durant les dernières années de sa vie. A l’occasion des commémorations de son accession au fauteuil de maire, 20 Minutes a sélectionné cinq vidéos qui ont fait (et défait) sa carrière.

1977 : Son débat télévisé avec François Delmas.

Quelques jours avant le second tour des municipales, en mars 1977, le député Georges Frêche défie sur le plateau en noir et blanc de TF1 le maire « républicain indépendant » de Montpellier, François Delmas. Les deux profils s’opposent : le premier est jeune, de gauche, incarne le renouvellement, parle avec l’accent du sud, le second est à droite, indéboulonnable depuis 18 ans, et s’exprime avec un accent pointu.

« Nous espérons que les Montpelliérains salueront le Printemps et rentreront à la mairie avec nous », s’exclame Georges Frêche. « Espérons que ce ne sera pas le Printemps de Prague ! », lâche alors François Delmas. Le dimanche suivant, le maire sortant est désavoué : Georges Frêche est élu avec 52 % des suffrages, et devient aussi président du district, ancêtre de la métropole. Maire jusqu’en 2004, année où il devient président de la région, il hissera Montpellier de la 13e à la 8e place des plus grandes villes du pays.

1985 : La création du festival Radio France.

Durant les mandats successifs de Georges Frêche, Montpellier a connu un boom considérable. La population a explosé, et le quartier Antigone, construction pharaonique de l’architecte italien Ricardo Bofill, le Corum, la zone économique du Millénaire, la piscine olympique, le réseau de tramway, les médiathèques et Odysseum ont vu le jour.

Mais c’est également culturellement que la ville a fait parler d’elle : parmi les nombreux festivals mis en place par l’homme politique, figure Radio France, qui a fêté sa 30e édition en 2016. Ce jour-là, sur le plateau de FR3, il explique son ambition : « Je me félicite de ce succès, parce que je pense qu’il a vu l’affirmation de l’orchestre symphonique, salué par la critique, et c’est un gros effort pour la musique dans toute la région […]. Le but est de faire de Montpellier la capitale de l’Europe au Sud. »

1999 : Le Strip-Tease de Georges Frêche.

Cette année-là, les caméras de Strip-Tease, émission devenue culte de France 3, s’installent dans la salle du conseil municipal de Montpellier. Chose étonnante, il s’agit d’un plan-séquence, sans aucune coupe. Georges Frêche malmène un conseiller municipal, Frédéric Titsonis, qui se dit insulté lors de la dernière séance.

« On ne peut plus parler ici de “débile” ou de “mange merde” comme on a entendu, note ce dernier. Les élus de l’opposition ne sont pas des chiens. Il vous faut intégrer des mots comme “respect” et “tolérance”. » Le maire se lance alors dans un discours fleuve où il est question de « déontologie » chez Midi Libre, de Pétain ou de « foulards islamiques ».

2006 : Le temps des dérapages.

Les dernières années de la vie de Georges Frêche ont été marquées par plusieurs polémiques et dérapages qui ont entaché son action, ont brouillé son image au niveau national, jusqu’à le faire exclure du PS, en 2007, après avoir fait part de son étonnement quant au nombre de « blacks » dans l’équipe de France de football.

Le 11 février 2006, dans le JT de France 3, le président de région avait dérapé sur les harkis « qui ont vocation à être cocus jusqu’à la fin des temps », les comparant à des « sous-hommes ».

2010 : Le « panier garni » de Martine Aubry.

Nous sommes le 8 mars 2010, en pleine campagne des régionales. Après ses propos sur « la tronche pas catholique » de Laurent Fabius, le PS a envoyé Hélène Mandroux barrer la route de Georges Frêche, qui a remis son mandat en jeu à la région.

En visite à Montpellier pour soutenir sa candidate, Martine Aubry, numéro 1 du PS, débarque devant toutes les caméras de télévision avec un panier garni de cadeaux pour le puissant président de région : des DVD de films de Brad Pitt, Georges Frêche ayant évoqué quelques jours auparavant sa « ressemblance » avec l’acteur américain, un livre sur « la communication non-violente », un exemplaire du magazine Têtu, et un livre sur les « noms d’oiseaux ». Malgré le buzz et la candidature PS, qui ne fera que 7 % des voix, Georges Frêche gagnera à nouveau la région, sept mois à peine avant sa mort.

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