Hérault: Eteindre la lumière, une idée lumineuse

ENVIRONNEMENT Dans l’Hérault, Prades-le-lez est la première commune à avoir pratiqué l’extinction partielle de l’éclairage public afin de lutter contre la pollution lumineuse…

Jerome Diesnis

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Prades-le-Lez a été la première commune de l'Hérault à éteindre partiellement l'éclairage public dans une démarche de protection de l'environnement

Prades-le-Lez a été la première commune de l'Hérault à éteindre partiellement l'éclairage public dans une démarche de protection de l'environnement — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

C’est l’une des rares communes du Languedoc et la seule de l’Hérault (selon le site non officiel www.nuitfrance.fr) à avoir franchi le pas. Prades-le-Lez a décidé, il y a un an et demi, d’éteindre partiellement l’éclairage public. « Nous avons laissé la lumière sur les deux départementales qui traversent le village et les deux principales places de la ville », souligne le maire (Sans Etiquette) Jean-Marc Lussert.

Au total, 80% de la commune se retrouve dans le noir la nuit, entre minuit et 5 heures l’hiver, à partir d’1 heure du matin l’été. Pour le maire, il ne s’agit pas d’un enjeu économique. Dans une commune de la taille de Prades-le-Lez d’un peu moins de 5.000 habitants selon l’Insee, l’éclairage représente un coût de 52.500 euros. Les mesures de restriction ont permis d’économiser environ 15.000 euros. « Ce n’est pas négligeable mais c’est une goutte d’eau dans un budget de 5 millions d’euros. Notre démarche est essentiellement environnementale ».

La population inquiète

L’objectif : réduire la pollution lumineuse, conformément aux propositions du Grenelle de l’environnement. Sur l’homme, de nombreuses études ont montré l’effet néfaste de la lumière artificielle : fatigue supplémentaire, difficultés de concentration, troubles de l’humeurs... Elle modifie le cycle de reproduction de certains animaux et des plantes ayant une activité nocturne, comme les belles de nuit qui restent fermées en présence de lumière artificielle. Sans parler des émissions de CO2 rejetés dans le ciel, l’un des gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique.

Il a fallu rassurer la population, inquiète d’une éventuelle hausse de l’incivilité ou de l’accidentologie. « La délinquance n’a connu aucune évolution significative », précise l’édile, qui attribue à ces craintes le faible nombre de communes en Languedoc ayant opté pour l’extinction partielle ou totale de l’éclairage public. En France, leur répartition est très hétérogène : elles sont sept seulement en Alsace et 488 en Auvergne.

A Prades-le-Lez, après une période d’essai de six mois, les retours ont pourtant été globalement positifs, selon Jean-Marc Lussert. La mesure est devenue définitive.