Des Lucques du Languedoc.
Des Lucques du Languedoc. - Domaine d'Astiès

Dans la région, rares sont ceux les apéritifs où la Lucques du Languedoc n’est pas invitée. Cette olive verte en forme croissant de lune, récoltée sur 68 communes de l’Aude et 224 de l’Hérault, dès la fin du mois d’août et jusqu’en octobre, vient de décrocher une nouvelle reconnaissance : après avoir été certifiée AOC (Appellation d’origine contrôlée) en septembre 2015, voilà que la star des tables du Sud vient de se voir couronner d’une AOP (Appellation d’origine protégée), décernée par l’Union européenne.

« C’est l’ultime étape après de longues années de travail », se réjouit Julie Carou, animatrice du syndicat de défense de la Lucques et de l’huile d’olive du Languedoc. En croquant dans une Lucques du Languedoc qui bénéficie de ce sceau, les consommateurs auront désormais une garantie sur son origine, ses techniques de préparation et son goût.

« La reconnaissance de l’excellente qualité du produit »

Une petite étiquette, mais qui veut dire beaucoup pour les producteurs que 20 Minutes a interrogé. Ils sont environ 80 à cultiver cette olive à la peau brillante, de Montpellier à l’arrière-pays Lodévois et jusqu’à Carcassonne, pour un volume de production d’environ 60 tonnes par an, sur quelque 54.000 arbres, soit environ 300 hectares.

L'aire géographique de la Lucques du Languedoc, qui s'étend dans l'Hérault et l'Aude.
L'aire géographique de la Lucques du Languedoc, qui s'étend dans l'Hérault et l'Aude. - Syndicat de défense des Lucques du Languedoc

« C’est la reconnaissance de l’excellente qualité de notre produit. En termes de notoriété, c’est essentiel pour les consommateurs, notamment pour les citadins, qui sont souvent à la recherche de produits locaux, et qui se tournent vers des produits identifiés clairement », confie Anne Purseigle, productrice au domaine de Galinenque à Béziers.

Contre les olives de table venues d’ailleurs

Mais l’AOP, c’est surtout un « bouclier » contre les « vraies fausses » Lucques venues d’ailleurs. « L’appellation nous protège contre l’éventuelle arrivée d’autres variétés de Lucques dans les rayons, c’est une façon d’être clairement identifié », souligne Matthieu Jougla, installé au Moulin du Mont Ramus, à Bessan. Et notamment face à l’importation massive dans les supermarchés d’olives de table qui débarquent de Turquie, d’Espagne, de Grèce, d’Argentine ou encore des États-Unis.

Au goût, en revanche, les producteurs sont formels : la Lucques, c’est la star des olives. « Une fois qu’on y a goûté, on ne l’oublie pas, sourit Catherine Dussol, du domaine d’Astiès, à Thézan-les-Béziers. Elle a un goût particulier, à la fois d’avocat, d’amande beurrée. » « Sa peau est très fine et elle est très charnue, ce qui est très agréable en bouche », reprend Anne Purseigle.

Avec du Noilly Prat ou un rosé de saignée

Et Muriel de la Torre, productrice au Moulin de la Dentelle, à Villeveyrac, l’assure : à l’apéritif, « la Lucques a la particularité de s’accorder avec tous les vins, mais aussi avec le champagne ». Anne Purseigle conseille cependant, comme de grands cuisiniers, d’accommoder l’olive « à un verre de Noilly Prat » un vin aromatisé, ancestral créé au XIXème siècle sur le port de Marseillan, ou à « de vin rosé de saignée », obtenu à partir d’une vendange mise en cuve. Avec modération, évidemment.

Côté cuisine, même si ce n’est pas sa destination de prédilection, la Lucques peut très bien accompagner les bons vieux plats en sauce de grands-mères, ou remplacer l’olive noire sur une pissaladière. Mais le rôle de sa vie, ça reste l’apéritif.

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