Ce mardi, à l'université de lettres de Montpellier.
Ce mardi, à l'université de lettres de Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Les rejets d’inscription continuent d’agiter les esprits, à l’université Paul-Valéry, à Montpellier (Hérault).  Comme en 2015, où plusieurs litiges s’étaient réglés devant le tribunal administratif de Montpellier, syndicats et étudiants pointent du doigt cette année encore la sélection opérée par la direction de la faculté pour faire face à des filières totalement saturées, sur un campus qui l’est tout autant…

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Des étudiants se sont ainsi retrouvés sans cursus, leurs demandes d’orientation ayant été refusées. Ces rejets d’inscription mettent les étudiants concernés, qui n’ont plus accès aux bourses, « dans une situation précaire ». Certains « ne pouvant plus se payer à manger, ni payer leur loyer », note le Syndicat de combat universitaire (Scum).

« Je suis sans fac »

« Cinéma, psychologie, AES (administration économique et sociale) ou LEA (langues étrangères appliquées)… De nombreuses filières sont touchées par des refus, assure Fabien Bon, militant au Scum. Difficile de savoir combien de personnes sont concernées par ce problème, car si certaines déposent un dossier de recours, d’autres se découragent face à l’administration, et finissent par baisser les bras. »

Benoît, lui, sort d’un BTS photo. Son inscription en licence de cinéma a été rejetée. « Ils m’ont baladé de bureau en bureau. Je me retrouve sans cursus. » Même amertume pour Kévin, qui se bat depuis plusieurs mois, pour étudier lui aussi le septième art : « Je suis sans fac. Je me retrouve à faire des frites chez McDo… »

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« Il n’y a aucune réponse claire de la direction »

Laura, elle, est en reconversion. « J’étais en formation d’infirmière, mais pour une raison de santé, je ne peux pas continuer, explique la jeune femme. J’essaie de m’inscrire en LEA Anglais et russe, c’est impossible. Il n’y a aucune réponse claire de la direction. On nous balade… »

Fatima, de son côté, s’est vue interdire l’accès à un Master 2 Ressources humaines, malgré une validation de son Master 1. « On m’a dit que mon niveau était insuffisant », note-elle. « Ce n’est pas normal que l’on soit stoppé de cette façon dans nos projets professionnels… Cela crée des trous dans le CV, et les entrepreneurs le ressentent », reprend une étudiante.

Une douzaine de dossiers seulement, selon l’université

De son côté, la direction de l’université relativise le problème soulevé par ces étudiants. Selon elle, cela ne concernerait « qu’une douzaine de dossiers », contre la centaine annoncée par certains militants.

« Des solutions sont sur le point d’être trouvées, notamment des redirections vers des filières moins saturées. Ce sont, pour la plupart, des dossiers tardifs », souligne-t-on à l’université, qui indique au passage que « tous les néo-bacheliers ont pu être inscrits ». Chez les « sans-fac », pour l’instant, aucun recours au tribunal n’est à l’ordre du jour. Ce mardi, certains ont tenté de perturber le Conseil des études et de la vie universitaire, où siégeait la direction, pour tenter de se faire entendre. En vain.

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