Gaz de schiste: Des milliers de personnes s'opposent à son exploitation à Barjac

ENVIRONNEMENT Les manifestants s’opposent à l’exploitation du gaz de schiste par l’entreprise Total, à qui le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a donné son feu vert le 28 janvier…

Jerome Diesnis

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Des milliers de manifestants se sont réunis à Barjac pour s'opposer au projet d'exploitation du gaz de schiste

Des milliers de manifestants se sont réunis à Barjac pour s'opposer au projet d'exploitation du gaz de schiste — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Le temps d’une journée, Barjac, dans le Gard, est devenu la capitale des opposants au gaz de schiste. Venus des trois régions limitrophes (Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), environ 5.000 personnes se sont rassemblées à partir de 11h. Ils étaient entre 10.000 et 12.000 selon les organisateurs à entamer une marche à 14h30, à l’appel de nombreuses associations écologiques et partis de gauche notamment.

Avec les slogans « Ni aujourd’hui, ni demain, ni ici, ni ailleurs ! » ou encore « no gazaran », ils s’opposent à ce qu’ils considèrent comme le préambule à une catastrophe écologique, comme ils l'avaient fait en 2011.

« Nous sommes en colère »

La manifestation fait suite au délibéré du tribunal administratif de Cergy Pontoise, rendu le 28 janvier, annulant l’abrogation du permis de Montélimar détenu par l’entreprise Total. L’entreprise pétrolière a désormais le feu vert pour explorer le sous-sol d’un périmètre long de 4 327 km², allant de Valence à Montpellier, sur cinq départements (Drôme, Ardèche, Vaucluse, Gard et Hérault).

« Nous ne sommes pas surpris. Nous sommes en colère contre les politiques qui n’ont pas fait leur travail », souligne Paul Reynard, coprésident du collectif « Touche pas à mon schiste ».

Le ministère fait appel de la décision du tribunal

Une loi votée 2011 interdit la fracturation hydraulique. Mais pour récupérer son permis d’exploitation, Total s’est engagé auprès du tribunal à ne pas employer cette technique. Or, à ce jour, il n’existe aucune autre façon connue d’exploiter les hydrocarbures de roche-mère.

« La ministre de l’énergie (Ségolène Royal) a fait appel de la décision du tribunal. Elle a réaffirmé sa détermination à faire respecter strictement l’interdiction de la fracturation hydraulique dans un objectif de protection de l’environnement et de la santé », évoque le ministère dans un communiqué.

De nombreux élus opposés à la technique

Des élus de tout bord, à l’image du nouveau patron d’Europe Écologie Les Verts David Cormand, ont pris part à ce rassemblement. « Gardois, Cévennols, Ardéchois, nous sommes des résistants », clament plusieurs élus locaux.

Kléber Mesquida (PS), président du département de l’Hérault, est « totalement opposé à toute exploration et exploitation. Le choix de la région frappée de sécheresse endémique depuis plusieurs années est loin de satisfaire au principe de préservation des ressources en eau.

De nombreux problèmes de protection des captages d’eau y ont été identifiés. Et ces permis sont totalement incompatibles avec les projets existants (Causses et Cévennes inscrits au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO) ou en cours de classement de grands sites et avec les schémas de développement du tourisme ».

En décembre 2015, selon l’organisation altermondialiste Attac, 133 demandes de permis d’exploitation sont en cours sur le territoire français, notamment dans la plaine et le bassin d’Alès et à Navacelles.