Les trois squelettes étaient tournés vers La Mecque
Les trois squelettes étaient tournés vers La Mecque - Patrice Pliskine, Inrap

C’est une découverte majeure qui vient d’être publiée dans la revue PlosOne. Une équipe de chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives ( Inrap) et de l’ UMR Pacea (Université de Bordeaux) a découvert les premières inhumations musulmanes médiévales en France.

Découverts lors de fouilles pour la construction d’un parking

Ces sépultures découvertes au cours de fouilles préalables à la construction d’un parking souterrain sur les avenues Jean-Jaurès à Nîmes, en 2006 et 2007, sont les plus vieux témoignages de la présence de musulmans en France. Elle n’était connue jusqu’à présent qu’à travers les écrits postérieurs à cette époque ou la découverte de petits objets au fil du temps : des pièces de monnaie pour l’essentiel. « C’est la petite histoire qui croise la grande », s’amuse l’archéologue Jean-Yves Breuil, membre de l’équipe scientifique à l’origine de cette découverte.

L’histoire de France enseigne l’invasion des Arabes stoppés à Poitiers par Charles Martel en 732. Les trois squelettes découverts à Nîmes, trois hommes tournés vers La Mecque, ont été datés avec certitude au début du VIIIe siècle, grâce au Carbone 14. « L’analyse de l’ADN contenu dans les squelettes a permis aux paléogénéticiens de remonter à leurs origines, précise Jean-Yves Breuil. Elles se situent dans la péninsule arabique ou en Afrique du nord. Il est passionnant de remonter l’histoire de cette communauté partie du cœur de la péninsule arabique. Ils ont enrôlé des soldats berbères qui ont vraisemblablement fini leur vie ici. »

Cohabitation musulmane et chrétienne

Ces tombes avaient été retrouvées au milieu d’autres tombes chrétiennes, vestiges de la période gallo-romaine pour l’essentiel, dans cette ville de Nîmes riche d’un formidable héritage laissé par les Romains. « L’un de ces trois hommes a plus de 50 ans, ce qui peut laisser à penser qu’il serait le témoin d’une petite garnison restée là quelques années après la conquête de la ville », reprend Jean-Yves Breuil.

« La découverte des sépultures de Nîmes paraît conforter l’hypothèse d’une relation plus complexe entre les communautés musulmane et chrétienne au début du Moyen-Age », estime pour sa part l’anthropologue Yves Gleize, qui fait partie des auteurs qui ont publié l’article dans cette revue de référence.

Une fois leur analyse terminée, ces squelettes seront versés aux collections de l’Etat.

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