Le lait maternel est collecté et stocké par le lactarium de Montpellier. Mais les besoins des services de néonatalitésont supérieurs aux dons.
Le lait maternel est collecté et stocké par le lactarium de Montpellier. Mais les besoins des services de néonatalitésont supérieurs aux dons. - CHRU de Montpellier

Le lactarium de Montpellier tire la sonnette d’alarme. « Chaque semaine, le service manque de 40 à 50 litres de lait pour répondre aux besoins des services de néonatalité qui nous sollicitent », évoque Maryse Cerviotti, auxiliaire de puériculture au lactarium.

Essentiel pour l’alimentation des prématurés (moins de 37 semaines d’aménorrhée), le lait maternel est vital pour les grands prématurés (moins de 32 semaines) et a fortiori pour les extrêmes prématurés (moins de 29 semaines). Pour ces enfants en danger de mort, l’Organisation Mondiale de la Santé le considère même comme l’équivalent d’un médicament.

Manque d’information

Créé en 1984, le lactarium de Montpellier est le seul établissement de collecte du lait maternel, de la frontière espagnole à la frontière italienne, en passant par Marseille et Nice, jusqu’à Montélimar (les plus proches étant basés à Marmande et Lyon). Le lait maternel des donneuses se substitue ou complète le lait d’une mère, lorsque celui-ci n’est pas disponible, ou en quantité insuffisante, pour l’alimentation de son nouveau-né prématuré.

Après un premlier contact téléphonique*, les donneuses sensibilisées effectuent une prise de sang pour une recherche en sérologie, remplissent un dossier médical pour détecter les pratiques à risque et, si tous les résultats sont négatifs, reçoivent kit et récipients pour tirer, stocker et congeler le lait. Il est ensuite récupéré environ toutes les trois semaines par le CHRU qui se rend directement au domicile des donneuses. « S’il n’a pas de germe, il est pasteurisé, puis une dernière fois contrôlé », reprend Maryse Cerviotti.

Les mamans mal informées

Malgré l’urgence et les recommandations, le lactarium se heurte au manque de transmission d’information d’une majorité de professionnels de santé. Trop rares sont les mamans potentiellement donneuses, informées de ce dispositif.

« Je produisais beaucoup de lait après la naissance de ma fille. Je vidais le surplus sous la douche. C’est seulement quand j’en ai parlé aux sages-femmes qu’elles m’ont expliqué l’existence du lactarium, évoque Aude, maman de deux enfants. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir été prévenue plus tôt ».

*Pour contacter le lactarium : 04.67.33.66.99, de 9 h à 16 h du lundi au vendredi.

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