Montpellier: La radio associative L'Eko des Garrigues fait face à des difficultés financières

CULTURE Un an après Radio Clapas, et six ans après Divergence FM, la radio rock et techno de Montpellier lance un appel aux dons...

Nicolas Bonzom

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Dans les studios de la radio associative L'Eko des Garrigues.

Dans les studios de la radio associative L'Eko des Garrigues. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

A Montpellier, L’Eko des Garrigues est une véritable institution depuis quarante ans: les fans qui arborent un autocollant de la radio à l’arrière de leurs voitures sont nombreux... «On est incontournable, sourit Stéphane Tosi, le directeur des programmes. L’Eko, c’est une station rock et techno, mais nous ne sommes pas un robinet à musique!» Pourtant, la radio associative, qui émet sur 88.5, lancée, en pirate, en 1975, est en danger: comme toutes les non-commerciales, elle se heurte à des difficultés financières (lire encadré). Elle lance un appel aux dons. Pour soutenir la station, rendez-vous sur leur site.


Une gestion serrée

Chez L’Eko des Garrigues, le changement du site émetteur (qui coûte environ 800 euros par mois contre 500 euros auparavant), et une augmentation du loyer ont aggravé la situation. «Ce n’est pas une question de subventions, reprend Stéphane Tosi, seul salarié de la station. La mairie par exemple nous aide à hauteur de 8.000 euros par an. Le Ministère de la culture accorde un fonds de 36.000 euros. C’est la gestion, qui devient de plus en plus serrée. On a dû licencier une personne, et pour ma part, je n’ai pas été payé, depuis trois mois... Mais c’est devenu une habitude!» La banque, de son côté, les a «lâchés», et refuse tout découvert. «Pour repartir du bon pied», l’équipe aurait besoin d’au moins 10 à 15.000 euros.


Pourtant, avec son armée de quarante bénévoles et des auditeurs «très présents et exigeants», l’équipe ne lâche rien... Par amour de la radio, et parce qu’elle y croit. «La musique, c’est une vitrine: à côté, nous faisons un travail d’accompagnement des groupes, des concerts, de l’insertion ou des ateliers d’écriture avec des sans-abris ou des lycéens décrocheurs», note Stéphane Tosi. «On forme de nombreux jeunes, sur les techniques de la radio ou de la création musicale, et ils peuvent aller chercher du travail, ou développer des projets, avec ce bagage-là...» Si l’Eko cessait d’émettre, c’est tout un pan de la culture montpelliéraine qui partirait en fumée. Et des milliers d’auditeurs se retrouveraient comme orphelins.

Il y a huit radios associatives à Montpellier. Les difficultés de L’Eko surgissent un an après celles, bien plus importantes, de Radio Clapas (93.5), et six ans après Divergence FM (93.9).