Tunisie: Leïla Ben Ali raconte sa version de la Révolution de Jasmin

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Publié le 26 juin 2012.

LIVRE - Dans un ouvrage paru le 21 juin, l'ancienne première dame tunisienne raconte la fin du régime de son mari, la fuite de leur famille vers Riyad le 14 janvier 2011, mais aussi le «complot» dont elle et sa famille auraient été victimes...

Un livre écrit «pour l’Histoire», pour «raconter les événements tel qu[’elle les a] ressentis et tels qu’ils se sont passés». C'est ainsi que Leïla Ben Ali présente l'ouvrage réalisé à partir d’entretiens recueillis via Skype par le journaliste Yves Derai (Ma vérité, éditions du Moment), où elle raconte sa propre version des événements qui ont conduit à la chute de son mari, Zine El Abidine Ben Ali.

«Manipulateurs de l’ombre» et «coup d’Etat»

Le livre s’ouvre sur «ce fameux 14 janvier 2011». Celle qui a été surnommée «la régente de Carthage» raconte les quelques heures avant la fuite, terme qu’elle n’emploie pas, affirmant que son mari a été victime d’un «départ forcé». Leïla Ben Ali soutient en effet qu’un «complot» a été ourdi par Ali Seriati, le chef de la garde présidentielle, pour convaincre Ben Ali de quitter le pays.

Ce dernier n’aurait jamais eu selon elle l'intention de quitter le pays, mais «a fini par plier» devant les arguments de Seriati, qui prédisait «un scénario de fin du monde: bombardement du palais, bain de sang, et surtout risque pour le Président d’être assassiné par un de ses gardes du corps, s’il s’obstinait à rester». Ben Ali a donc embarqué à bord de l'avion présidentiel pour «déposer sa famille» à Riyad, en Arabie Saoudite, «persuadé qu'il pourrait rentrer dès le lendemain matin».

Leïla Ben Ali raconte également les «manœuvres» qui ont commencé plusieurs mois avant le 14 janvier 2011 pour faire chuter le régime du 7 novembre. Elle ne pointe aucun de ces responsables -ces «mains secrètes», ces «manipulateurs de l’ombre», comme elle les appelle-, mais incrimine «des puissances étrangères» et surtout l'armée tunisienne . Elle nomme cependant explicitement l’un des «alliés objectifs» de «ceux qui ont fomenté le coup d’Etat»: son vieil ennemi Kamel Ltaief, conseiller de l'ex-président tombé en disgrâce en 1992, en raison de la haine qu'il vouait à Leïla Ben Ali.

Tentative manquée de réhabilitation

L’ex première dame accuse également Ltaief d’être à l’origine des rumeurs qui ont couru sur son compte -elle ne comptait plus les amants, elle tenait un salon de coiffure, elle versait dans la sorcellerie…- et sa famille, les Trabelsi. Et Leïla Ben Ali de se lancer dans une tentative, manquée, de réhabilitation de son image et des siens, accusés d’avoir financièrement profité de ses années au plus proche du pouvoir.

Elle se présente comme une mère de famille modèle, simple, charitable, qui déteste les mondanités et les feux de la rampe, mais s’y plie par amour pour son mari. Et surtout une femme moderne, fière d’appartenir à «la première génération de femmes tunisiennes à qui s’ouvraient les portes de l’instruction et de la liberté».

Tout au plus concède-t-elle des «faiblesses» et des «errements» de sa famille, accusée d'avoir spolié le pays. «Parmi les miens, quelques-uns ont exagéré, souvent les plus jeunes qui se laissaient aller à leur appétit de profit», dit-elle, accusant tout de même les ennemis de son mari d’avoir utilisé et amplifié ces «errements» pour faire chuter le régime.

Enfin, Leïla Ben Ali raconte brièvement sa vie en Arabie Saoudite. Désormais, la quinquagénaire dit passer «le plus clair de son temps» à s’occuper de ses enfants et de son mari, qu’elle n’a «jamais cessé d’aimer. Aujourd’hui plus qu’hier, tout président déchu qu’il soit».

Bérénice Dubuc
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