Que devient l'ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali?

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Publié le 20 avril 2011.

MONDE - Trois mois après sa chute, l'ancien dirigeant serait toujours en Arabie Saoudite, et pourrait y rester longtemps, ses velléités de rejoindre d'autres pays ayant été anéanties...

Le 14 janvier dernier, après vingt-trois ans de règne sans partage et sous la pression de la rue, Zine el-Abidine Ben Ali fuyait la Tunisie en compagnie de son épouse, Leïla Trabelsi, et de cinq membres de sa famille. Trois mois après sa destitution, où est l’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali? Il serait toujours en Arabie saoudite, qu’il avait rejoint le jour même de sa fuite.

Au soir du 14 janvier dernier, le palais royal saoudien expliquait alors dans un communiqué que «le gouvernement saoudien a accueilli le président Zine el-Abidine Ben Ali et sa famille dans le royaume en considération pour les circonstances exceptionnelles que traverse le peuple tunisien».

Pas de départ pour la Libye

Grâce à ses bonnes relations avec la famille royale saoudienne, et notamment avec  le prince Nayef, ministre de l’Intérieur, le président tunisien déchu avait emménagé dans un palais du défunt roi Faysal à Djedda, désormais résidence officielle pour les invités du royaume. Le clan Ben Ali y disposait de personnel et de gardes du corps.

À l’époque, ce séjour à Djedda ne devait être qu’une étape avant un probable départ pour la Libye, les Ben Ali étant très proches du colonel Kadhafi. Selon le journaliste Nicolas Beau, Leïla Trabelsi aurait même effectué un voyage éclair à Tripoli peu après l’arrivée du clan Ben Ali à Djedda. Mais le vent de la révolution arabe a soufflé jusqu’en Libye, et le départ n’a pu avoir lieu.

Mi-février, Ben Ali, 75 ans, est hospitalisé pour trois jours à l’hôpital de Djedda. Les premières informations indiquent qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral et  plongé dans le coma, mais il aurait en fait simplement perdu connaissance, selon les révélations de Clarence Rodriguez sur France Inter. En cause: le stress provoqué par l’arrestation de ses proches quelques jours auparavant, mais aussi une violente altercation avec son épouse. Car, depuis le début de son exil, le couple Ben Ali se déchire, et se rejette mutuellement la faute de sa déchéance, selon l'écrivain tunisien Abdelaziz Belkhodja cité par Europe 1.

De Jedda à Abha

Le 28 février, le président tunisien déchu quitte Djedda, selon le blog du journaliste Georges Malbrunot. Le clan Ben Ali est déplacé vers une résidence prêtée par le gouvernement saoudien à Abha, une ville proche de la frontière avec le Yémen. Mais, à la mi-mars, une autre destination, la Belgique, semble être envisagée par les Ben Ali.

Le 19 mars, le journal belge néerlandophone De Morgen affirme que, depuis deux semaines, Ben Ali chercherait à trouver refuge dans la localité de Relegem, près de Bruxelles, dans le Brabant Flamand, où vivent des membres de sa belle-famille. Le journal indiquait alors que la police belge était en état d’alerte: Ben Ali faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international, son arrivée sur le sol belge aurait pu conduire à son extradition. Mais le 29 mars, le ministre des Affaires étrangères belge, Steven Vanackere, a démenti l’information selon laquelle le président tunisien déchu chercherait à trouver refuge en Belgique, et par là même que le pays accepterait d’accueillir le clan Ben Ali.

Et le clan Ben Ali pourrait rester encore longtemps en Arabie Saoudite: le royaume wahhabite n’a toujours pas répondu à la demande d’extradition formulée le 26 janvier par la justice tunisienne à son encontre. De plus, l’Arabie Saoudite a déjà reçu plusieurs dirigeants en exil, comme l'ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif ou l'ancien dictateur ougandais Idi Amin Dada. Et, si l’ancien dirigeant tunisien calque la durée de son séjour sur celui d’Idi Amin Dada par exemple, arrivé à Djeddah en 1979, et qui y est décédé en 2003, il pourrait y rester jusqu’à sa mort.

Bérénice Dubuc
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