ELECTION - Les Tunisiens sont appelés aux urnes, dimanche...
L’élection présidentielle en Tunisie, dimanche, est jouée d’avance. Après 22 ans au pouvoir, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui brigue un 5e mandat, est assuré d'être reconduit à la tête du pays.
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5e mandat
Ben Ali, 73 ans, a succédé au premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba, qu'il avait destitué pour sénilité en 1987. En 2004, il avait été reconduit par 94,4% des voix et son parti avait obtenu une majorité écrasante au Parlement, résultats décriés par ses détracteurs incrédules.
Dimanche, Ben Ali devrait encore l’emporter face à ses trois concurrents. Ce 5e mandat devrait être le dernier: la Constitution amendée en 2002 autorise des mandats successifs mais limite à 75 ans l'âge du président. Son parti, le Rassemblement Constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir depuis l'indépendance) devrait également conserver la majorité des 214 sièges de la Chambre des députés aux législatives, se déroulant également dimanche.
Trois concurrents
Le résultat des scrutins ne fait aucun doute aux yeux des observateurs et les trois rivaux de Ben Ali partent «sans illusions» et «sans enjeu électoral» pour cette élection.
Seul Ahmed Brahim, universitaire à la retraite de 63 ans, se pose «en vrai concurrent» et refuse de jouer au «figurant». Il propose des réformes audacieuses et réclame l'alternance au pouvoir. Mais Ahmed Brahim se plaint d'entraves après la censure de son manifeste et la saisie de l'organe de son parti de gauche, Ettajdid (Renouveau, 3 sièges).
Les deux autres postulants sont proches du pouvoir: Mohamed Bouchiha, 61 ans, du Parti de l'unité populaire (PUP, 11 députés) et Ahmed Inoubli, 51 ans de l'Union démocratique unioniste (UDU, nationaliste, 7 députés).
Les détracteurs du régime qualifient la consultation de dimanche de «mascarade» et l'accusent de «tailler des lois sur mesure» pour une «opposition d'allégeance» et un «pluralisme de façade». Un Observatoire national dirigé par l'ancien bâtonnier Abdewaheb Béhi surveillera les élections à la demande du président sortant, qui s'est engagé pour un scrutin «transparent» et «régulier». Réponse dimanche.
Avec agence