Syrie: attentats à la bombe à Damas, l'UE augmente son aide aux réfugiés

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Publié le 7 septembre 2012.

Trois attentats à la bombe ont frappé vendredi Damas tuant cinq policiers, lors d'une nouvelle journée de combats meurtriers entre soldats et rebelles sur plusieurs fronts en Syrie et de manifestations hostiles au régime de Bachar al-Assad.

Non loin des côtes syriennes, les chefs de diplomatie européens étaient réunis à Chypre pour coordonner l'aide aux centaines de milliers de réfugiés syriens, la Commission européenne ayant annoncé à Bruxelles le déblocage de 50 millions d'euros supplémentaires en leur faveur.

A Damas, un attentat à la "motocyclette piégée s'est produit à la sortie de fidèles de la mosquée" dans le quartier de Roukneddine (nord), faisant cinq morts parmi les membres des forces de l'ordre, a indiqué la télévision d'Etat.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, les forces de l'ordre encerclent les mosquées tous les vendredis, journée traditionnelle de mobilisation dans le pays, afin d'empêcher les manifestants de se rassembler après la prière et ouvrent souvent le feu sur eux, selon des militants.

Un deuxième attentat, cette fois à la voiture piégée, s'est produit deux heures plus tard entre le Palais de justice et le ministère de l'Information, dans le quartier huppé de Mazzé (ouest), selon la télévision d'Etat qui n'a pas fait état de victimes. Une dizaine de voitures ont été endommagées.

Les deux attaques ont été attribuées par la télévision à des "terroristes", terme utilisé par les autorités pour désigner les opposants et les rebelles qui réclament le départ de M. Assad.

Une bombe a en outre explosé dans le quartier de Salhiyé (centre), blessant des soldats, selon des militants.

"Homs assiégée nous appelle"

Ces dernières semaines, les attentats se sont multipliés à Damas, malgré les mesures de sécurité prises par le régime qui ne parvient pas non plus à contenir les manifestations.

Des manifestations "massives", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ont eu lieu dans plusieurs localités rebelles de la province d'Idleb (nord-ouest), ainsi que dans la province de Damas comme à Harasta où l'armée menait de vastes opérations pour tenter d'écraser la rébellion.

Pour ce vendredi, les militants avaient placé les cortèges sous le slogan "Homs assiégée nous appelle", en référence à la troisième ville du pays où les bombardements sont incessants sur les quartiers rebelles assiégés par l'armée.

Des vidéos ont montré des dizaines de jeunes manifestants dans les quartiers de Barzé et Assali à Damas. "Syrie, une révolte de dignité et de liberté", scandaient-ils.

Dans les quartiers de Chaar et Sakhour dans l'est d'Alep, métropole du nord déchirée par un mois et demi de combats, des défilés ont eu lieu "malgré les bombardements", a affirmé l'OSDH, une ONG qui s'appuie sur un réseau de militants

Les combats entre rebelles et soldats ont continué sur plusieurs fronts, à Idleb, Deraa (sud), Homs (centre), dans la province de Damas, à Deir Ezzor (est), et à Alep, a ajouté l'ONG. Plusieurs quartiers de ces villes où sont retranchés les rebelles ont été en outre bombardés.

Près de Damas, des "centaines de soldats" appuyés par des véhicules militaires lourds ont attaqué Babbila et des combats ont eu lieu autour d'al-Qazzaz, dans le sud-est de Damas.

Au moins 65 personnes, dont 31 civils et 15 rebelles, ont péri dans les violences à travers le pays, selon l'OSDH. De plus, les corps de 16 hommes, dont certains portaient des traces de torture, ont été retrouvés à Harasta, au lendemain de la découverte de 45 corps dans la province de Damas.

Contenir la crise humanitaire

Dans ce contexte, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne tentaient, à Chypre, d'explorer les moyens d'aider l'opposition syrienne, tout en contenant la crise humanitaire .

La Commission européenne va débloquer une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d'euros, portant ainsi sa contribution tirée du budget de l'UE à 119 M EUR.

L'UE cherche à se protéger d'une éventuelle arrivée de réfugiés, alors que la Turquie et la Jordanie, qui en ont accueilli plusieurs dizaines de milliers, estiment qu'elles ne seront bientôt plus en mesure de faire face aux flots de Syriens.

En pointe des sanctions contre Damas, l'UE appelle depuis plusieurs mois M. Assad à céder le pouvoir à un gouvernement de transition, mais au Conseil de sécurité de l'ONU, sa position se heurte au veto de Moscou et Pékin, des alliés du régime syrien.

L'enjeu de la crise est grave, ont prévenu les ministres italien et français, Giulio Terzi et Laurent Fabius. "Si nous échouions en Syrie, la stabilité du Moyen-Orient serait compromise et la sécurité de l'Europe gravement menacée", selon eux.

Leur homologue espagnol José Manuel García Margallo a estimé de fait que l'UE devait "réactiver un plan pour mettre fin" à la violence qui a fait plus de 26.000 morts depuis le début de la révolte selon l'OSDH et quelque 20.000 selon l'ONU.

Pour sa part, le Canada a annoncé la fermeture de son ambassade à Téhéran et l'expulsion de tous les diplomates iraniens encore en poste sur son territoire, invoquant "l'aide militaire croissante" de Téhéran au régime syrien.

Enfin, un diplomate canadien d'origine marocaine, Mokhdar Lamani, a été nommé pour diriger le bureau à Damas du nouveau médiateur international pour la Syrie Lakhdar Brahimi.

© 2012 AFP
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