Heurts au Liban sur fond de crise en Syrie: «On va vers un drame annoncé»

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Publié le 21 août 2012.

CONFLIT - Depuis quelques jours, les tensions gagnent le Liban. Et la situation pourrait encore empirer...

La crise conflictuelle vient frapper à la porte du voisin libanais. Après dix-sept mois de conflits en Syrie, la probabilité que le Liban s’embrase à son tour gagne petit à petit du terrain.

Les événements récents, tels que les heurts survenus mercredi soir, ou l’enlèvement par le puissant clan chiite libanais Al Mogdad de rebelles syriens, montrent en effet une extrême fragilité de la stabilité de ce pays sous influence. Car la situation qui secoue actuellement le Liban prend ses racines dans une longue histoire commune avec la Syrie.

Vers un drame annoncé

Pendant trente ans, le Liban a en effet vécu sous l’hégémonie syrienne. «Les clivages libanais nés de cette période ne se sont jamais résolus, même après le départ de la Syrie, en 2005», détaille Joseph Bahout, enseignant à Science Po et chercheur à l’Académie Diplomatique Internationale. L’implantation de l’Armée syrienne libre (ASL) et l’arrivée massive de réfugiés syriens dans les régions de la Bekaa (nord-est du Liban) et de l'Akkar (nord), font ressurgir les tensions au sein des populations, profondément divisées entre adversaires et partisans du régime de Damas.

Dans ce pays très marqué communautairement, la situation d’extrême tension actuelle n’est donc pas liée au hasard. «Depuis des mois, tout ce que l’on avait prévu est arrivé», explique Joseph Bahout. «Les tensions existaient, mais elles étaient plus feutrées. Là, on va vers une collision, un drame annoncé».

«L’armée n’a été déployée nulle part»

Car le pessimisme semble être de mise, alors que la situation en Syrie n’évolue guère. «Soit, par un miracle, le régime syrien s’effondre et il faudra alors voir ce qui le remplace… Soit, le conflit s’enlise et prend un tour de plus en plus communautaire, ce qui fragiliserait encore plus l’Etat libanais».

Un Etat libanais déjà pas mal bousculé et dont le gouvernement n’arrive à prendre que des décisions minimales, sans parvenir à rétablir le calme. «L’un des exemples marquants est que, depuis deux jours, l’armée n’a été déployée nulle part», constate le spécialiste du Liban.

Cette instabilité chronique du Liban, «que des pays comme la Syrie, l’Iran et peut-être d’autres ont intérêt à voir s’embraser», pourrait alors conduire à une généralisation des incidents. «Il suffirait que quelques otages soient tués pour que les choses deviennent difficilement contrôlables», prédit Jospeh Bahout. «Et pas seulement au Liban, peut-être même en Jordanie».

Mathieu Gruel avec agences
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