Au moins 15 civils, dont deux enfants, ont été tués jeudi soir par des tirs de mortier sur le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, a rapporté ce vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). De violents bombardements ont par ailleurs été signalés pendant la nuit dans la région de Houla (centre), où près d'une centaine de personnes avaient été tuées en mai, selon l'OSDH.
Plus de 20.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad, selon un bilan - invérifiable - de l'OSDH.
Après plus de cinq mois de tentatives vaines pour régler pacifiquement le conflit qui a fait plus de 20.000 morts depuis mars 2011, Kofi Annan a informé l'ONU et la Ligue arabe qu'il ne comptait pas renouveler son mandat de médiateur de ces deux institutions dans le conflit, qui expire le 31 août.
«Je n'ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs», a expliqué Kofi Annan, qui avait été nommé en février, lors d'une conférence de presse à Genève.
Il faisait allusion à l'incapacité des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU à s'unir sur les moyens de régler la crise, Moscou et Pékin, des alliés du régime de Bachar al-Assad, mettant leur veto à trois projets de résolutions occidentaux contre le pouvoir syrien.
Kofi Annan, qui s'était rendu plusieurs fois à Damas, avait proposé un plan de paix en six points prévoyant une cessation des combats et une transition politique, mais ce plan pourtant appuyé par le Conseil de sécurité, n'a jamais été appliqué.
La «transition» signifie que Bachar al-Assad doit «tôt ou tard» partir, a-t-il dit.
Ban Ki-moon a annoncé avoir entamé des consultations avec la Ligue arabe pour nommer «rapidement» un successeur, mais jugé, lui aussi, que les «divisions persistantes au Conseil de sécurité (...) rendent le travail de tout médiateur beaucoup plus difficile».
Le président russe Vladimir Poutine l'a aussi jugée «très regrettable», mais Washington a accusé la Chine et la Russie d'être responsables de sa démission. La Chine a elle «regretté» la démission de Kofi Annan et assuré que Pékin allait continuer de «travailler à une solution politique» au conflit. Paris a estimé que cette décision «illustre l'impasse dramatique du conflit» et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton a demandé la nomination urgente d'un successeur à Kofi Annan.
Le régime syrien, profitant des divisions internationales, continue de réprimer la révolte lancée par manifestations pacifiques mais qui s'est militarisée face à la répression. Bachar al-Assad a évoqué une bataille «cruciale» pour le destin de la Syrie, en allusion au contrôle d'Alep jugé décisif.
Les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, ont reconnu pour la première fois avoir utilisé des chars, pris à l'armée, pour attaquer l'aéoport militaire de Menagh, à 30 km au nord-ouest d'Alep, selon le commandant de cette région, Abdel Aziz Salamé.
«Nous devons en finir. Il faut prendre l'aéroport pour contrôler toute la région», a-t-il déclaré à l'AFP. Selon les rebelles, les hélicoptères et les avions qui «tirent sur Alep» décollent de cet aéroport. La situation des rebelles est «très très bonne. Nous sommes maîtres de plusieurs quartiers et tous les jours, nous en contrôlons plus. Nous essayons d'encercler entièrement Alep pour éviter que le régime n'envoie de renforts», a ajouté le commandant Salamé.
Les insurgés affirment contrôler la moitié d'Alep où l'armée bombarde les quartiers rebelles sans avancer sur le terrain.