La rébellion syrienne contrôle des postes-frontières et affronte l'armée à Alep

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Publié le 21 juillet 2012.

La rébellion syrienne contrôlait samedi plusieurs postes-frontières avec l'Irak et la Turquie, vitaux pour l'approvisionnement en armes, et affrontait l'armée à Alep, deuxième ville du pays et nouveau front de la contestation, tout en reculant à Damas.

Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, inquiet de la "détérioration rapide" de la situation, a estimé que le gouvernement syrien de Bachar al-Assad avait échoué à protéger les civils, alors que les violences ont encore fait au moins 92 morts samedi, selon une ONG syrienne.

M. Ban a demandé aux autorités de "cesser les tueries et l'utilisation d'armes lourdes contre les agglomérations". Il a également dépêché en urgence à Damas le sous-secrétaire chargé des opérations de maintien de la paix, le diplomate français Hervé Ladsous.

Paris a estimé pour sa part qu'il fallait préparer au plus vite l'après Bachar al-Assad et souhaité "la formation rapide d'un gouvernement provisoire" qui devra être "représentatif de la diversité de la société syrienne".

Près d'une semaine de violents combats dans Damas et un attentat contre les principaux chefs de l'appareil sécuritaire ont fragilisé le pouvoir.

Et alors que les rebelles semblent marquer le pas dans la capitale, ils ont pris le contrôle de plusieurs postes frontaliers.

A l'est, ils contrôlent désormais deux des trois principaux points de passage entre l'Irak et la Syrie, à Boukamal et Yaribiyah.

Au nord, la rébellion contrôlait déjà depuis vendredi un des 12 postes-frontières entre la Turquie et la Syrie, celui de Bab al-Hawa. Samedi, environ 150 combattants venus de divers pays musulmans (Algérie, Arabie saoudite, etc.) et se revendiquant de mouvements islamistes armés comme Al-Qaïda au Maghreb islamique ont pris le relais à cette position, a constaté un photographe de l'AFP. Ils étaient équipés de fusils d'assaut Kalachnikov, de lance-roquettes et de lourdes mines artisanales.

En revanche, au sud, l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils armés, a tenté en vain de prendre un poste-frontière avec la Jordanie, selon un haut responsable jordanien.

A l'ouest, la frontière avec le Liban est pour l'heure sous le contrôle complet de l'armée syrienne.

Alors que les combats s'intensifient, les rebelles ont plus que jamais besoin d'armes et le contrôle des frontières est vital pour leur approvisionnement.

Au moins 92 personnes tuées

Après un déchaînement de violences, qui a culminé jeudi avec plus de 300 morts, les combats et la répression ont coûté la vie samedi à au moins 92 personnes --41 civils, 29 soldats, 20 rebelles et deux prisonniers--, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Douze civils ont péri à Idleb (nord-ouest) et autant à Damas où une majorité d'entre eux ont été abattus par des tireurs embusqués.

De violents combats opposaient pour la deuxième journée consécutive insurgés et soldats à Alep, la capitale économique de la Syrie, selon des opposants joints par l'AFP et l'OSDH qui fait état de "dizaines de blessés".

"Les combats continuent dans des quartiers excentrés d'Alep et dans le quartier de Salaheddine dans l'ouest de la capitale, on entend des explosions et des tirs qui n'arrêtent pas", a déclaré à l'AFP Abou Hicham, un opposant joint à Alep via Skype.

Selon le militant, les rebelles contrôlent "une grande partie des quartiers Sahour et Tariq el-Bab" et "les forces du régime ont riposté par des bombardements". Sur les vidéos du militant, des habitants défilent en saluant des rebelles et en scandant des slogans hostiles au pouvoir.

Restée au départ comme Damas à l'écart de la révolte populaire, Alep s'est mobilisée au cours des derniers mois.

Alors que les rebelles ont annoncé mardi le début de la "bataille de libération" de Damas, l'armée a lancé vendredi une contre-offensive dans la capitale, qui lui a permis de reconquérir le quartier de Midane à la suite de violents combats.

Selon l'OSDH, des bombardements violents ont frappé samedi les quartiers al-Qadam et al-Assali.

Des obus sont également tombés près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, où les écoles de l'UNRWA (Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine) ont été ouvertes aux réfugiés palestiniens et syriens des quartiers environnants, qui fuient les combats, d'après un militant dans le camp.

Des combats ont parallèlement fait rage dans le quartier huppé de Mazzé, dans l'ouest de la capitale. "Des affrontements se déroulent dans les vergers à la limite du quartier et une grande partie des femmes et des enfants ont fui", a affirmé un militant, Abou Mohannad al-Mazzi, joint via Skype par l'AFP.

Signe d'une nervosité croissante de la population, les habitants se sont rués sur les supermarchés ces derniers jours. "Je cours faire mes courses et je rentre tout de suite me terrer chez moi", a affirmé Souad, une mère de famille.

La rébellion a connu ses pertes les plus lourdes à Homs (centre), ville symbole de la "révolution" où sept insurgés ont péri dans des combats. Plusieurs quartiers dont Khaldiyé ont été pilonnés par l'armée qui tente d'en prendre le contrôle.

Une mutinerie a par ailleurs éclaté dans la prison centrale de Homs dans la nuit de vendredi à samedi. Les autorités ont repris samedi le contrôle de l'établissement, où deux détenus sont morts, selon l'OSDH.

© 2012 AFP
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