Syrie: le ramadan a commencé pour certains rebelles syriens, et "ça va être dur!"

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Publié le 20 juillet 2012.

Dans la province syrienne de Hama, l'appel a retenti dans certaines mosquées vers 03H00 vendredi: le mois de jeûne du ramadan a commencé. Et "ça va être dur!", prédisent les combattants rebelles qui affrontent les forces gouvernementales par plus de 40°C à l'ombre.

Malgré l'annonce, le moment exact du début du ramadan reste flou dans la campagne syrienne. Il devait officiellement ne débuter que samedi à Damas, en proie à de violents combats depuis six jours entre les insurgés et les soldats du dictateur Bachar Al-Assad.

Du coup, dans un des dizaines de villages sunnites "libérés" autour de la grande ville de Hama, dans le centre de la Syrie, "la moitié des habitants ne jeûne pas aujourd'hui" en dépit de l'appel du muezzin dans la nuit, "mais tout le monde le fera demain" samedi, explique un contrevenant civil requérant l'anonymat, cigarette au bec.

Pendant ce jeûne, tout croyant doit s'abstenir de s'alimenter, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. Il doit se purifier, contenir ses passions et ses désirs et éviter tout ce qui peut blesser son prochain.

Le mois du ramadan, basé sur la lunaison, dure entre 29 et 30 jours. La fête du fitr qui marque sa fin sera donc célébrée le 17 ou le 18 août, et sera annoncée suivant l'observation de la nouvelle lune du mois de chawel, le dixième du calendrier musulman.

"Ca va être dur!", estime un jeune "thowar" (révolutionnaire), qui se demande s'il ne va pas pour une fois contrevenir à ses principes en cette année exceptionnelle.

Le régime de Damas est en proie depuis 16 mois à une contestation qui s'est militarisée au fil de la répression sanglante. Les tueries ont gagné tout le pays, faisant plus de 17.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le ramadan va compliquer les choses", renchérit le commandant du jeune homme, Abou Abdallah de son nom de guerre, à la tête d'une quarantaine de combattants. "Mais on fera nos opérations de nuit, c'est plus facile. C'est d'ailleurs ce qu'on fait souvent même hors du ramadan. On connaît très bien les routes et les villages, mieux que l'armée".

Mais cette dernière risque d'être avantagée par la situation, alors que la température ici ne descend jamais sous 40°C à l'ombre -elle ne cesse d'ailleurs de grimper au fil des jours.

"Dans l'armée syrienne, qui est majoritairement sunnite (pour les soldats du rang, les officiers étant souvent de confession alaouite, celle de Bachar Al-Assad), il est interdit de faire le ramadan ou de prier. Si des soldats sont surpris à le faire, ils sont emprisonnés", explique un officier déserteur, Atiya Mohammad Jedan, chef d'un autre petit groupe de l'Armée syrienne libre (ASL).

Uniforme kaki uni, cartouchières en bandoulière, le quadragénaire à la longue barbe noire et grise -"je me raserai quand le régime sera tombé", rit-il- est soulagé que des exceptions soient possibles.

"Heureusement, le Coran dit qu'on peut manger et boire en journée durant le ramadan, mais uniquement pendant le combat. Et si on décide de ne pas jeûner pendant certains jours entiers, il faut le faire après le ramadan, rattraper les jours où on a mangé et bu. On peut aussi donner de la nourriture ou de l'argent aux pauvres, pour compenser", énumère-t-il.

"Mais ça va être très dur", admet-il, même si "on a notre foi qui nous soutient".

Civils ou combattants, l'écrasante majorité des personnes interrogées par l'AFP ont exprimé le même avis, que résume le chef militaire de l'ASL pour la province de Hama, au pseudonyme d'Abou Ahmad, qui revendique 12.000 hommes dans ses rangs: "Inch Allah, ce sera fini dans un mois, pour la fin du ramadan on aura pris Damas et le régime sera tombé".

© 2012 AFP
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