"Ici, des gens ont été égorgés", à Treimsa les habitants racontent l'horreur

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Publié le 15 juillet 2012.

Un homme ouvre une armoire et s'y accroupit: "Ici, un homme s'est réfugié. Lorsque les soldats l'ont découvert, ils l'ont abattu de sang froid". Dans les maisons de Treimsa encore maculées de sang, les habitants de cette localité syrienne racontent l'horreur.

Au pied de l'armoire, une mare de sang noirci par la suie d'un incendie. Entre une vingtaine et une trentaine d'habitations ainsi que l'école de cette localité du centre du pays ont été incendiées lors de l'attaque perpétrée jeudi par l'armée, qui a fait 150 morts selon une ONG syrienne.

"Ici, des gens ont été égorgés", explique l'homme qui fait visiter la maison de la famille Shada Al Younes Al Mostafa, connue pour son soutien aux rebelles syriens.

A l'intérieur, de nombreux corps calcinés n'ont pas encore été enlevés trois jours après l'attaque qualifiée de "massacre" par l'opposition et la communauté internationale.

Dehors, dans un renfoncement du jardin des restes humains pulvérisés par une grenade. Les toilettes, hors de l'habitation, sont entièrement maculées de sang. Les murs, le sol en sont couverts.

Les principaux artisans de la tuerie, dénoncent les témoins, sont les "chabbihas", les miliciens civils du régime, qui ont tué à l'arme blanche et procédé à de nombreuses arrestations.

Les habitants racontent comment les maisons ont été soigneusement ciblées puis éventrées par les chars de l'armée, avant que les chabbihas ne les pillent systématiquement et y mettent le feu.

Les observateurs de l'ONU qui se sont rendus sur place à plusieurs reprises ont estimé que l'attaque "semblait viser des groupes et des maisons spécifiques, en majorité de déserteurs et de militants", mais ont indiqué que le bilan est "toujours incertain".

Ils ont souligné que "de nombreux types d'armes" avaient été utilisés, en particulier "de l'artillerie, des obus de mortiers et des armes légères", en violation du plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Plusieurs témoins à Treimsa évoquent en outre des bombardements par des moyens aériens dans cette large vallée sans relief, couverte de champs ouverts.

Le régime syrien a démenti y avoir perpétré un massacre affirmant qu'il n'y a pas eu d'"attaque de l'armée contre des civils, mais des combats entre l'armée régulière et des groupes armés". Il a nié avoir eu recours à l'artillerie lourde affirmant avoir combattu des "terroristes" dans cette localité sunnite du centre du pays.

Une autre maison, celle du professeur d'anglais Mahmoud Daroish, est maculée de sang. Ici, les habitants ont sorti des corps par dizaines. Certains égorgés, d'autres exécutés à la kalachnikov ou à la grenade offensive.

L'hôpital semble avoir fait les frais d'un acharnement particulier, comme le montrent les importants dégâts qui lui ont été infligés.

Sur les murs et les portes des boutiques, les soldats ont laissé des avertissements explicites: "Bachar président ou nous brûlons le pays!", "Vous êtes les rats et nous sommes les aigles".

Dans le premier cimetière de la ville, les habitants ont creusé à la hâte une quarantaine de tombes il y a deux jours. Dans chacune reposent trois corps, recouverts de terre fraîchement retournée et de parpaings. Toutes les sépultures n'ont pas encore de nom.

Dans un autre cimetière, une centaine de cadavres ont été enterrés, affirme un habitant.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des bombardements et des combats ont fait plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles, à Treimsa. Certains ont aussi été "exécutés sommairement" ou tués en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés.

© 2012 AFP
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