Syrie: Kofi Annan à Damas ce lundi pour rencontrer Bachar al-Assad

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Publié le 9 juillet 2012.

MONDE - L'émissaire international doit une nouvelle fois tenter de trouver une issue au conflit...

L'émissaire international Kofi Annan est arrivé à Damas où il doit notamment rencontrer le président syrien Bachar al-Assad pour tenter de trouver une issue au conflit en Syrie, qui a encore fait au moins 99 morts dimanche.

Bachar al-Assad a accusé les Etats-Unis d'être «partie prenante au conflit» et d'offrir «une protection et un soutien politique» aux rebelles «pour déstabiliser la Syrie», dans une interview à la télévision publique allemande ARD. «Tant que vous offrez une aide quelconque aux terroristes, vous êtes leur partenaire. Que ce soit par un envoi d'armes, d'argent ou un soutien politique aux Nations Unies», a affirmé le président syrien.

Eviter «une agression catastrophique»

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé à une transition politique en Syrie pour éviter «une agression catastrophique», pointant du doigt le peu d'efforts du régime vers la paix. Si les violences cessent et qu'une transition politique est engagée, «il y aura une chance d'épargner à la nation syrienne une agression catastrophique qui serait dangereuse pour le pays mais aussi pour la région», a insisté Hillary Clinton devant la presse à Tokyo.

Mais «il n'y a eu aucun mouvement du régime syrien pour respecter» le plan de Kofi Annan, a-t-elle insisté. Dans une récente interview, l'émissaire international a lui-même reconnu que ses efforts avaient pour l'instant échoué et qu'il n'était pas garanti qu'ils aboutissent un jour. «L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe est arrivé ce soir à Damas pour des entretiens avec le président Bachar al-Assad», a indiqué le porte-parole du diplomate sans autre précision.

Annan prône une implication de l'Iran

Il s'agit de la troisième visite de Kofi Annan en Syrie depuis qu'il a été désigné il y a trois mois pour tenter de résoudre la crise en cours depuis mars 2011. Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a indiqué qu'il aurait «des discussions avec les responsables syriens au sujet de son plan» de sortie de crise.

Kofi Annan a prôné une implication de l'Iran, allié majeur de Damas, une idée à laquelle Américains et Européens se sont jusqu'à présent opposés, en raison notamment du conflit qui les oppose à Téhéran sur son programme nucléaire. L'Iran «a fourni des suggestions à Kofi Annan» a indiqué dimanche le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian, estimant qu'une «intervention militaire en Syrie n'est pas probable et si cela devait arriver ce serait stupide».

Manoeuvres de la marine syrienne

La marine syrienne a entamé des manoeuvres au cours du week-end, lançant des missiles dans le but de «simuler un scénario de défense en cas d'attaque surprise depuis la mer», a indiqué dimanche l'agence officielle Sana. Sur le terrain, l'armée syrienne a repris ses bombardements dans l'est et le nord du pays, et lancé des attaques coordonnées sur Qousseir et Rastane, deux bastions rebelles dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, les violences ont fait au moins 99 morts dimanche dont 61 civils, deux déserteurs et 36 soldats de l'armée régulière, a ajouté l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins. De «violents combats» ont opposé soldats et rebelles aux alentours de Qousseir, près de la frontière libanaise, tandis que l'armée pilonnait la ville et les villages environnants, a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Des violences intensifiées depuis le cessez-le-feu

Selon un correspondant de l'AFP sur place, l'offensive a commencé samedi après-midi contre les lignes de défense établies par l'Armée syrienne libre (ASL) à Qousseir. A Rastane, les forces gouvernementales ont également dû reculer face à la résistance des rebelles, selon l'OSDH. Depuis le début de la révolte contre le régime Assad en mars 2011, les violences ont fait plus de 17.000 morts en Syrie, dont près des deux-tiers des civils non-combattants, selon un dernier bilan de l'OSDH.

Paradoxalement, ces violences se sont intensifiées depuis l'entrée en vigueur officielle le 12 avril du cessez-le-feu prévu par le plan Annan, avec près de 6.000 morts pour cette seule période, selon l'OSDH. Compte tenu des restrictions imposées à la presse par les autorités syriennes et de la décision de l'ONU de ne plus comptabiliser les morts, il est impossible d'obtenir un bilan des violences de source indépendante.

Avec AFP
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