Réunion des Amis de la Syrie le 6 juin 2012, à Istanbul en Turquie.
Réunion des Amis de la Syrie le 6 juin 2012, à Istanbul en Turquie. - SAUL LOEB / AFP

Lucie Romano

Que peut-on espérer de la réunion des Amis du Peuple syrien, la troisième depuis janvier, qui se tiendra ce vendredi, à Paris, en présence de représentants d'une centaine de pays, ainsi que d'opposants syriens divisés? «Un message fort d'isolement au régime de Bachar al-Assad; un soutien à l'opposition réaffirmé –et sur la forme, une nouvelle Maison du peuple syrien pour l'accueillir; et des réponses à la situation humanitaire», répond une source diplomatique française.

Rien, assurent à l'inverse les spécialistes. «C'est de l'esbroufe! Le blocage diplomatique se poursuit. La Russie (la principale alliée de Bachar al-Assad) sera absente. Depuis que samedi dernier, elle a signé l'accord de Genève appelant à la transition en Syrie, on fait croire qu'elle lâche du lest, mais elle s'est empressée de revenir sur son interprétation!» décrypte Fabrice Balanche, directeur du Gremmo, le Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.

Eviter la contagion

«Ces réunions internationales sont sympathiques, mais ce qui compte, c'est la lutte de la population!» tempête Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes, qui reconnaît que cette nouvelle rencontre a le mérite d'apporter du réconfort aux Syriens. «Restent aux pays occidentaux à essayer d'éviter que le conflit ne s'étende à toute la région [il y a déjà des répercussions en Turquie, au Liban ou en Jordanie]…» conclut Joseph Bahout, du Centre d'études et de recherches internationales.

Signes de fléchissement du régime

«Le régime d'Al-Assad prend l'eau de partout», résume le chercheur Antoine Basbous. Problèmes d'argent, défections de proches de plus en plus nombreuses... Les signes se multiplient. Mais si les observateurs croient désormais possible la chute du dirigeant, ils pensent aussi qu'il mènera jusqu'au bout une «lutte à mort».