Syrie: Un accord sur les principes d'une transition

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Publié le 30 juin 2012.

MONDE - Le texte adopté à Genève ouvre «la voie à l'ère post-Assad», selon Hillary Clinton...

Un accord sur les principes et les lignes directrices d'une transition en Syrie a été obtenu ce samedi à Genève au cours de la réunion du Groupe d'action sur la Syrie, a annoncé l'émissaire spécial Kofi Annan, qui a lu le communiqué final prévoyant notamment que le gouvernement de transition puisse inclure des membres du gouvernement actuel.

Les participants ont également «identifié les étapes et les mesures par les parties pour garantir l'application complète du plan en six points et les résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité». Ce plan en six points adopté par le Conseil de sécurité en avril prévoyait entre autres un cessez le feu à partir du 12 avril. Il n'a jamais été complètement mis en oeuvre et respecté.

«L'organe de gouvernement transitoire exercera les pouvoirs exécutifs. Il pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l'opposition et d'autres groupes et doit être formé sur la base d'un consentement mutuel», a indiqué Kofi Annan, émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie. «Je doute que les Syriens choisissent des gens ayant du sang sur les mains pour les diriger», a-t-il précisé en conférence de presse.

L'avenir de Bachar al-Assad «sera leur affaire»

Interrogé sur l'avenir du président syrien Bachar al-Assad, il a souligné que le «document est clair sur les lignes directrices et les principes pour assister les parties syriennes alors qu'elles avancent dans la transition et établissent un gouvernement de transition et effectuent les changements nécessaires». L'avenir de Bachar al-Assad «sera leur affaire», a-t-il dit.

L'accord conclu samedi à Genève a ouvert «la voie à l'ère post-Assad», a affirmé de son côté la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton au cours d'une conférence de presse. Les Etats-Unis, a-t-elle ajouté, vont saisir le Conseil de sécurité de l'ONU, pour lui soumettre cet accord, qui prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition en Syrie. Un plan de transition pour la Syrie doit être accepté par tous les Syriens et non imposé de l'extérieur, a estimé à Genève le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi.

Un plan de transition «ne peut qu'être dirigé par les Syriens et être acceptable pour toutes les parties importantes en Syrie. Des personnes de l'extérieur ne peuvent pas prendre des décisions pour le peuple syrien», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. Dans le même sens, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a insisté sur le fait qu'une transition du pouvoir en Syrie doit être décidée par les Syriens.

«Inacceptable» d'exclure quilconque du processus

«La manière précise dont le travail de transition (...) est mené sera décidé par les Syriens eux-mêmes», a-t-il souligné, précisant que la Russie avait convaincu d'autres grands pays qu'il serait «inacceptable» d'exclure un quelconque groupe du processus de transition. Le Groupe d'action sur la Syrie, constitué par Kofi Annan, rassemble des chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne -, de pays représentant la Ligue arabe, Irak, Koweït et Qatar, de la Turquie et les secrétaires généraux de la Ligue Arabe et de l'ONU ainsi que la Haute représentante aux Affaires Etrangères de l'Union européenne.

En plus de 15 mois de révolte, la répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

© 2012 AFP
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