Attaque inédite contre une télévision syrienne, une réunion internationale samedi

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Publié le 28 juin 2012.

DAMAS - Une télévision officielle a été la cible mercredi d'un attentat sanglant près de Damas, le premier du genre en 15 mois de révolte en Syrie, au centre d'une réunion internationale prévue samedi à Genève.

Alors que le conflit ne cesse de gagner en intensité, faisant des centaines de morts ces deux dernières semaines, la situation ressemble de plus en plus à une guerre civile avec la multiplication des violences confessionnelles, a estimé la Commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU.

Dans la matinée, dans une attaque inédite visant une chaîne de télévision officielle, trois journalistes et quatre gardiens du siège d'Al-Ikhbariya près de Damas ont été tués et "d'autres personnes enlevées par (des) terroristes", selon l'agence officielle Sana.

"Les groupes terroristes armés ont (...) déposé des charges explosives dans des locaux et incendié d'autres. Ils ont tué des journalistes en tirant sur eux", a affirmé le ministère de l'Information.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé d'"une attaque aux obus" contre Al-Ikhbariya qui a continué à diffuser ses programmes.

Les médias en Syrie sont officiels ou proches du régime et, comme ce dernier, ne reconnaissent pas l'ampleur de la contestation assimilée à du "terrorisme".

Les Etats-Unis ont dénoncé cette attaque, en soulignant "condamner tous les actes de violence, y compris ceux qui ciblent des éléments du régime".

Reporters sans frontières et Amnesty International ont également souligné séparément que les médias ne devaient pas être pris pour cibles même s'ils s'agissaient d'instruments de propagande.

"Génocide" à Deir Ezzor

Les rebelles, qui mènent des offensives de plus en plus audacieuses contre l'armée, ont lancé une attaque près d'un aéroport militaire à Alep (nord), selon l'OSDH.

L'armée, elle, continue de bombarder intensément les fiefs insurgés, selon les militants.

Le Conseil national syrien, principal rassemblement de l'opposition, a dénoncé de son côté un "génocide" à Deir Ezzor (est), touchant aussi les enfants, et a appelé à une action urgente de la communauté internationale pour aider les civils piégés par les bombardements des forces du régime.

Il a souligné que les pilonnages de la ville avaient fait "des centaines de morts et de blessés" et des milliers de déplacés.

Au moins 82 personnes dont 31 soldats ont péri mercredi dans les violences, selon l'OSDH. Plus de 15.800 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en plus de 15 mois, les dernières semaines enregistrant les bilans les plus lourds du conflit, selon l'ONG.

Se targuant du soutien d'une partie de la population, M. Assad a estimé mardi que le pays était dans "une véritable situation de guerre".

De son côté, la Commission d'enquête internationale indépendante souligne que "dans certaines régions, les combats ont les caractéristiques d'un conflit armé non international".

Le rapport, qui fait état de "flagrantes violations des droits de l'Homme", souligne que le régime recourt aux "hélicoptères de combat et à l'artillerie dans le bombardement de quartiers entiers".

L'Iran, non convié

Alors que son plan de sortie de crise est au point mort, le médiateur Kofi Annan a annoncé une réunion samedi à Genève rassemblant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande Bretagne).

Des invitations ont été également adressées à la Turquie et à l'Union européenne, de même qu'au Qatar, au Koweït et à l'Irak au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe.

En revanche, l'Iran, proche allié de Damas, n'a pas été invité alors que Moscou demandait sa participation. Washington avait dénoncé le rôle "non constructif" de Téhéran dans cette crise.

Mais M. Annan "rendra compte" à l'Iran des résultats de la réunion afin de s'assurer que Téhéran "reste impliqué" dans la recherche d'une solution en Syrie, a précisé un porte-parole.

Le groupe d'action sur la Syrie débattra des moyens d'"assurer l'application complète du plan en six points" de M. Annan, dont l'arrêt immédiat de la violence.

Cette question sera aussi au menu des entretiens entre la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov vendredi à Saint-Pétersbourg.

Enfin, la Turquie, malgré son ton menaçant ces derniers jours contre Damas qui a abattu l'un de ses avions de combat, a affirmé qu'elle n'avait pas l'intention d'attaquer son voisin, tout en promettant de répondre "de la manière la plus forte" à tout nouvel "acte hostile".

© 2012 AFP
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