Syrie: Début de la réunion de l'Otan, violents combats près de Damas

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Publié le 26 juin 2012.

L'Otan tient une réunion d'urgence à la demande de la Turquie après la destruction en vol de l'un de ses avions militaires par la Syrie, où des combats d'une violence inédite se déroulent autour de positions de la Garde républicaine dans la périphérie de Damas.

La réunion, qui a débuté peu après 10H00 (08H00 GMT), rassemble les ambassadeurs des 28 pays membres de l'Otan au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Dans le même temps, l'armée affrontait des rebelles à 8 km du centre de la capitale, à Qadsaya et Al-Hama, autour de positions de la Garde républicaine, corps d'élite chargé de la sécurité de Damas et de ses banlieues, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui fait état d'un mort sans préciser s'il s'agit d'un soldat, d'un civil ou d'un rebelle.

"Ce développement est important car il s'agit des combats les plus violents dans cette zone, et qu'ils se rapprochent du coeur de la capitale", a indiqué le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "C'est la première fois que le régime a recours à l'artillerie lourde dans des combats aussi proches de la capitale".

"Ces banlieues abritent des casernes de troupes très importantes pour le régime à l'instar de la Garde républicaine. C'est là aussi où habitent des familles d'officier", a-t-il précisé.

Ces développements interviennent alors qu'Ankara a accusé le régime du président Bachar al-Assad, son ancien allié, d'avoir commis un acte "hostile au plus haut point" après la destruction de l'un de ses avions de combat, faisant craindre une escalade de la crise entre les deux pays voisins.

L'option militaire, pas d'actualité

Pour convoquer la réunion de l'Otan, la Turquie a invoqué "l'article 4 du traité" de l'Alliance prévoyant que tout pays membre peut porter une question à l’attention du Conseil quand il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée.

Aucune décision n'est attendue à l'issue de cette réunion, qui devait porter surtout sur une présentation par le représentant turc de l'incident de vendredi, suivie d'une discussion, selon une source diplomatique.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a déclaré lundi que l'option militaire n'était pas d'actualité.

"Une intervention militaire étrangère n'est pas la bonne voie pour la Syrie", a également déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen avant la réunion.

Selon la chaîne du Hezbollah libanais allié de M. Assad, le président syrien doit "présider aujourd'hui (mardi) la première réunion du (nouveau) gouvernement syrien pour faire un exposé de la situation intérieure et étrangère". Aucune confirmation syrienne n'était disponible dans l'immédiat.

Damas a affirmé que l'avion avait violé son espace aérien, alors qu'Ankara a dit que l'appareil était dans l'espace aérien international.

Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç a également déclaré qu'un avion de sauvetage en mer turc avait essuyé des tirs syriens alors qu'il menait des recherches pour retrouver les pilotes du F-4 Phantom.

Il a menacé d'interrompre les exportations d'électricité de la Turquie vers la Syrie en représailles, même si cela pourrait affecter la population civile déjà éprouvée par plus de 15 mois de violences.

Damas a accusé auparavant Ankara de vouloir "attiser" la crise et mis en garde contre toute "agression" contre le territoire syrien, assurant "ignorer" la nature de la cible abattue.

"Purification ethnique"

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a promis de travailler avec Ankara sur une réaction appropriée face à cet acte "éhonté", tandis que l'Iran, allié de Damas, a indiqué mardi vouloir user de ses "bonnes relations" avec la Turquie et la Syrie pour régler le dossier, qu'il a qualifié de "très délicat".

Selon des experts spécialisés russes cités par l'agence d'Etat Ria Novosti, le F-4 Phantom abattu testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie.

Pour ajouter à la tension, un nouveau général syrien a fait défection en Turquie, portant à 13 le nombre de généraux syriens déserteurs dans ce pays. La Turquie héberge dans le sud plus de 33.000 réfugiés syriens, ainsi que la direction de l'Armée syrienne libre.

Entretemps, le bilan des violences ne cessait de s'alourdir à mesure que s'intensifiaient les bombardements de l'armée contre les bastions rebelles, avec 95 morts lundi, en majorité des civils, a indiqué l'OSDH.

La situation est aussi particulièrement difficile à Homs (centre), où des habitants ont lancé un appel au secours, se disant victime d'"une purification ethnique", et accusant le régime alaouite de viser les quartiers sunnites.

Les sanctions n'ont pour le moment pas fait plier le régime qui a profité des divisions internationales pour intensifier la répression. Celle-ci a fait, avec les combats, plus de 15.000 morts selon l'OSDH.

© 2012 AFP
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