Syrie: Bruxelles accentue la pression mais cherche à éviter l'escalade militaire

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Publié le 25 juin 2012.

LUXEMBOURG - Unanime à condamner l'attaque "inacceptable" des forces syriennes contre un avion turc, l'UE a renforcé lundi ses pressions sur Damas avec de nouvelles sanctions, mais elle reste soucieuse d'éviter une escalade militaire avant une réunion de l'Otan mardi consacrée à l'incident.

Réunis à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères ont adopté contre la Syrie un nouveau train de sanctions qui vise des sociétés et des ministères, et étend l'embargo sur les ventes d'armes.

Dans une déclaration commune, ils ont aussi jugé "inacceptable" l'attaque par la Syrie d'un avion de combat turc, abattu vendredi au large de la Syrie, assurant que cette affaire devait faire l'objet d'une enquête "approfondie et urgente".

Selon Ankara, l'avion se trouvait dans l'espace aérien international, mais Damas affirme que sa souveraineté a été violée. A la demande de la Turquie, l'Otan se réunit mardi à Bruxelles pour des "consultations", même si le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a précisé que l'option militaire n'était pas d'actualité. Damas a prévenu l'Otan que son espace territorial était "sacré".

La réaction du gouvernement turc "a été très ferme, mais en même temps très maîtrisée", a salué le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, disant s'attendre à ce que l'Otan adopte une ligne similaire mardi.

"Il s'agit d'éviter un embrasement de la région entière", notamment au Liban, a souligné son homologue allemand Guido Westerwelle. "Nous avons tous intérêt à ce que la situation ne s'envenime pas davantage", a-t-il ajouté. "Une intervention militaire est hors de question", a renchéri le Néerlandais Uri Rosenthal.

Les Européens préfèrent augmenter les pressions sur le régime, malgré l'effet limité jusqu'ici des sanctions adoptées depuis le début de la répression il y a 15 mois.

Désormais, 129 personnes liées au régime de Bachar Al-Assad, dont le président syrien lui-même, sont interdites de visa et ont leurs avoirs gelés. Les avoirs de 49 sociétés et administrations sont également gelés.

Les nouvelles sanctions, dont le détail sera publié mardi, visent les ministères de la Défense et de l'Intérieur, une banque, une société de transport de pétrole, une régie de télévision et un bureau de sécurité du parti de Bachar al-Assad, selon des diplomates.

L'UE a par ailleurs confirmé que les assurances de livraisons d'armes étaient explicitement concernées par l'embargo sur les ventes d'armes à la Syrie, alors que l'assureur britannique Standard Club a annulé la semaine dernière l'assurance couvrant un cargo russe qui transportait des hélicoptères d'attaque à destination de ce pays.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a promis que l'Europe augmenterait la pression sur le régime syrien "tant que la répression continuera".

Les Européens vont s'attacher à convaincre leurs partenaires internationaux de décréter eux aussi des sanctions, notamment à la prochaine réunion du Groupe des Amis de la Syrie, le 6 juillet à Paris, où une centaine de pays sont attendus.

M. Fabius a plaidé pour "qu'on aille plus loin", en sanctionnant une compagnie assurant des transmissions de télécommunications, qui serait "en relation avec la société (suédoise) Ericsson", et sert à des écoutes.

Il a plaidé en faveur d'une interdiction des achats de phosphates, une source de financement importante pour la Syrie, qui s'est jusqu'ici heurtée à l'opposition de la Grèce, dépendante de cette ressource.

Les sanctions ont "parfois des conséquences négatives sur certains de nos pays, mais il faut savoir ce qu'on veut", a estimé le ministre français: "Ou bien on a des sanctions efficaces et larges, ou bien on ne le fait pas".

© 2012 AFP
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