Massacre en Syrie: L'Onu condamne Damas

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Publié le 28 mai 2012.

MONDE - Le pouvoir en place dénonce un «tsunami de mensonges»...

Le massacre d'Houla va-t-il marquer un tournant alors que la communauté internationale s'est trouvée jusqu'ici impuissante à enrayer la montée des exactions en Syrie? Toujours est-il que le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche le gouvernement syrien pour le carnage perpétré  dans le centre du pays qui a fait au moins 108 morts selon les observateurs de l'ONU sur place.

 

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité à l'issue d'une réunion d'urgence à New York, les 15 pays membres ont dénoncé «une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel». Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes dans les villes syriennes rebelles et qu'il retire ses forces de ces villes, conformément au plan de paix du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Soutien aux efforts de Kofi Annan

Les 15 pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de Kofi Annan et l'ont chargé de transmettre «dans les termes les plus clairs» leurs exigences au gouvernement syrien. Selon Damas, Kofi Annan doit effectuer lundi sa deuxième visite dans le pays depuis le début de sa mission il y a trois mois. Il sera d'ailleurs reçu mardi par le président Bachar al-Assad.

La Russie avait dans un premier temps mis en doute la responsabilité de son allié syrien, avant de se joindre à ses 14 partenaires. Le chef des observateurs, le général norvégien Robert Mood, a indiqué au Conseil par vidéoconférence que 108 personnes au moins avaient été tuées à Houla, atteintes par des éclats d'obus ou exécutées à bout portant, dont 49 enfants, et que 300 avaient été blessées. La Chine a également condamné lundi ces «meurtres cruels». 
Pékin ne met toutefois pas directement en cause le régime de Bachar al Assad et insiste sur son soutien au plan de paix élaboré par Kofi Annan, émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe. La Chine dispose d'un siège permanent au Conseil de sécurité et, avec la Russie, elle a jusqu'à présent opposé son veto à deux projets de résolution proposant une action résolue contre le régime syrien.

Mais le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a réfuté «totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants». L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a critiqué un «tsunami de mensonges» visant son pays. Damas a annoncé la création d'une commission d'enquête conjointe de l'armée et de la justice sur ces violences, les pires depuis l'entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan Annan. La commission doit publier ses conclusions dans trois jours.

Après sa première visite à Damas le 10 mars, Kofi Annan avait obtenu un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant un cessez-le-feu, un retrait des armes lourdes des villes et un dialogue politique. Ce plan a été sérieusement mis à mal par le massacre de Houla.

Mener la bataille de la libération

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé dimanche le peuple syrien à prendre les armes si la communauté internationale n'intervient pas par la force contre le régime. «J'appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l'Armée syrienne libre» (ASL), a-t-il déclaré. Samedi, l'ASL avait prévenu qu'elle ne respecterait plus le plan Annan. «A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer», avait affirmé l'ASL.

Dimanche, 48 personnes, dont 33 pour la seule ville de Hama (centre), pour la plupart des civils, ont trouvé la mort dans des violences à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En 14 mois, la répression en Syrie a fait plus de 13.000 morts, selon un nouveau bilan de l'OSDH.

 

M.B. avec AFP
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