Syrie: Bombardements et combats à Homs et Alep avant l'arrivée des observateurs de l'ONU

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Publié le 15 avril 2012.

MONDE - Le cessez-le-feu est de nouveau mis à mal ce dimanche...

Le cessez-le-feu en Syrie a été de nouveau mis à mal ce dimanche par de violents bombardements de Homs et des combats à Alep, le jour de l'arrivée des premiers observateurs de l'ONU mandatés par le Conseil de sécurité dans sa première résolution sur la crise en 13 mois.

Le quartier rebelle de Khaldiyé à Homs a été bombardé par l'armée «avec en moyenne trois obus par minute» selon une ONG, le plus violent pilonnage depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 12 avril, alors que les Occidentaux continuent de douter de la volonté du régime de cesser la répression. De violents combats ont également éclaté à l'aube dans la province d'Alep (nord) entre soldats et militaires dissidents, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au moins 32 morts depuis le cessez-le-feu

Le cessez-le-feu a été fragilisé dès sa mise en application par des violences qui ont déjà coûté la vie à au moins 32 personnes, mais ce bilan reste très en deçà des dizaines de civils qui tombaient tous les jours ces derniers mois sous les tirs des forces de sécurité.

La poursuite des hostilités rend néanmoins périlleuse la mission des 30 observateurs militaires non armés mandatés par la résolution 2042, surtout en l'absence d'accord formel de cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et l'opposition armée.

Des doutes sur la réalité de l'engagement du régime d'Assad

«Ce regain de violence fait douter à nouveau sérieusement de la volonté du régime» du président Bachar al-Assad de respecter le cessez-le-feu, a commenté l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice. «Les violences ont décru mais les attaques subies par la population civile à Homs confirment les doutes que l'on peut avoir sur la réalité de l'engagement du régime», selon son collègue français, Gérard Araud.

D'ailleurs, l'armée n'a toujours pas retiré ses chars des villes comme le prévoit le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan qui a instauré le cessez-le-feu. «Depuis le début de l'application du plan, il n'y a eu aucun changement au niveau du déploiement sécuritaire et militaire. Les barrages et les chars sont toujours là», affirme le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Une mission de 250 hommes

En vertu de la résolution adoptée samedi à l'unanimité des 15 membres du Conseil, le gouvernement syrien est responsable en premier lieu de la sécurité des observateurs, dont cinq ou six ont pris l'avion immédiatement après le vote. Les autres devraient les rejoindre dans les prochains jours.

Selon des diplomates, les observateurs pourraient provenir de personnels de l'ONU venant du Golan ou du Soudan et du Soudan du Sud. Au total, la mission complète devrait compter 250 hommes et son déploiement, sur plusieurs semaines, nécessitera une nouvelle résolution.

Un QG opérationnel à Damas

La première tâche de la mission préparatoire sera «d'établir un quartier général opérationnel» à Damas, a expliqué selon Kieran Dwyer, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Les observateurs prendront ensuite contact avec les forces gouvernementales et celles de l'opposition «afin que les deux camps comprennent ce que sera leur rôle de surveillance et qu'ils puissent mettre en place un système de contrôle».

Ils se rendront aussi «dans d'autres villes de Syrie pour décider où établir des bases» afin de «vérifier que la violence a vraiment cessé», a-t-il ajouté. Mais l'opposition a dit ne pas être rassurée quant à l'application par le régime du plan Annan visant à mettre fin à la répression depuis un an d'une révolte populaire par le régime, qui a fait plus de 10.000 morts selon l'OSDH.

«La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?», s'est interrogé Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien (CNS). Cette principale coalition de l'opposition s'est félicitée de la résolution mais a mis en garde contre «la politique d'atermoiements et de falsification des vérités adoptée par le régime».

Au moins un millions de personnes déplacées depuis un an

Le régime Assad refuse de reconnaître la révolte et attribue les violences à des «des gangs terroristes» qu'il dit vouloir écraser. Les manifestations à travers le pays ont repris à la faveur de la trêve mais dans une moindre ampleur, en raison du quadrillage persistant des villes où sont toujours déployées en force chars et véhicules blindés.

«Après un an de tueries, d'arrestations, sans oublier le grand nombre de gens déplacés, les gens continuent de manifester pacifiquement. Mais ils ne manifestent pas dans des circonstances normales, ils le font sous les balles des forces de sécurité et en présence de chars», dit l'OSDH. Selon l'ONU, au moins un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur de la Syrie depuis 13 mois. Une réunion sur l'aide à la Syrie sera organisée le 20 avril à Genève.

Avec AFP
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