Des chars de l'armée syrienne sont entrés en action ce jeudi dans la ville de Homs, dans le quartier de Baba Amro tenu par des opposants au président Bachar al-Assad et soumis à des bombardements intenses depuis vingt jours.
«Des chars ont pénétré dans la zone de Jobar dans le sud de Baba Amro», a dit à Reuters un militant présent dans la ville, Abou Imad. Des tirs de roquettes, d'obus et de mortier ont également visé le quartier d'Inshaat. Dans ces deux zones, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) semblaient maintenir leurs positions en dépit des intenses pilonnages.
Dans le quartier de Khalidiya, les habitants ont été appelés à rester chez eux au moment où des tirs de mortier recommençaient à tomber. «Tout Homs est secoué par des explosions. Que Dieu ait pitié», a commenté un habitant, Abdallah al Hadi.
La situation humanitaire, qui ne cesse de se dégrader à Homs et dans d'autres villes, sera au centre des discussions de la réunion des «Amis de la Syrie» qui s'ouvre vendredi à Tunis. Les Etats-Unis, l'Union européenne, les pays arabes mais également la Turquie et d'autres pays voisins doivent participer à ce sommet pour demander l'arrêt de la répression menée par le gouvernement de Bachar al Assad depuis maintenant un an.
«Le président Assad veut que la situation de Homs soit réglée dimanche pour préparer le référendum constitutionnel. Ensuite, il s'occupera d'Idlib», a déclaré à Beyrouth une source libanaise proche du gouvernement syrien.
Cette poursuite des violences intervient au lendemain de la mort du photographe français Rémi Ochlik et de la journaliste américaine Marie Colvin, correspondante du Sunday Times, dans le quartier de Baba Amro.
En réaction à ces deux morts, aux Etats-Unis, les candidats à l'investiture républicaine Mitt Romney et Newt Gingrich ont apporté leur soutien à l'idée d'armer l'opposition syrienne. «Nous devons travailler avec l'Arabie saoudite et la Turquie pour dire que nous allons fournir le type d'armement nécessaire pour aider les rebelles en Syrie», a estimé Mitt Romney.
La Maison blanche, qui a jusqu'à présent écarté l'hypothèse d'une intervention militaire, a infléchi sa position en jugeant que d'autres options devront être envisagées si une solution politique se révèle impossible.