Syrie: La ville de Homs entre bombardements et manifestations

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Publié le 17 février 2012.

VIOLENCES - L'arrivée du vice-ministre chinois des Affaires étrangères à Damas et la résolution de l'ONU n'ont pas fait cesser les violences ce vendredi...

D'intenses bombardements ont visé vendredi le quartier de Baba Amro à Homs, troisième ville de Syrie, au lendemain de l'adoption par l'Assemblée générale de l'Onu d'une résolution appuyant le plan arabe qui prévoit la mise à l'écart du président Bachar al Assad.

Pas d'intervention de l'Otan, même sur demande de l'ONU

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai Jun, est arrivé à Damas. A son départ de Pékin, il a réaffirmé que son pays s'opposait à toute opération visant à faire tomber par la force le régime en place. Il devait rencontrer dans la soirée son homologue syrien et s'entretenir samedi avec le président Assad. Il verra également des responsables de l'opposition à Damas.

Parallèlement, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a déclaré vendredi que l'Alliance atlantique n'interviendra pas en Syrie même si l'ONU lui confie un mandat pour protéger les civils. il a appelé les pays de la région à trouver un moyen de mettre fin aux violences. Il a aussi exclu dans une interview accordée à Reuters que l'Otan fournisse un soutien logistique à l'éventuel établissement de «corridors humanitaires», idée suggérée notamment par la France.

Déluge de roquettes à Homs

A Homs, qui fait l'objet de pilonnages depuis le 4 février, un déluge de roquettes et d'obus s'est abattu sur Baba Amro, quartier essentiellement sunnite tenu par les insurgés, tandis que l'armée progressait à partir d'un quartier voisin, Inchaat, ont déclaré des militants de l'opposition présents sur place. «Ils tirent surtout des roquettes en direction des bâtiments, et de temps à autre des obus. Seule la rue de Karama sépare désormais Baba Amro de l'armée présente à Inchaat», a témoigné par téléphone un opposant, Aba Iyad.

A Deraa, ville à la frontière jordanienne qui fut le berceau du mouvement de contestation en mars dernier, des explosions et des tirs d'armes automatiques ont été entendus dans plusieurs quartiers attaqués par l'armée, ont rapporté des habitants. A l'autre bout du pays, à Idlib, près de la frontière turque, des habitants ont dit à Reuters avoir vu des blindés prendre position à l'aube autour de la ville, où la population s'attendait à un assaut. L'armée a d'autre part lancé une nouvelle offensive contre Hama, et au moins 14 personnes ont péri dans un bombardement qui a visé jeudi une ville voisine, Kfar Noubouzeh, ont rapporté des militants de l'opposition.

«Le peuple veut la chute du régime!»

Selon une vidéo diffusée sur YouTube, 2.000 fidèles réunis à la mosquée Zeïn al Abidine à Maidan, dans le centre de Damas, ont scandé des slogans hostiles à Bachar al Assad. «Le peuple veut la chute du régime!», les entend-on clamer sur cette vidéo, dont l'authentification est impossible, les autorités syriennes restreignant fortement l'accès de la Syrie aux journalistes étrangers.

A l'étranger, l'adoption de la résolution, non contraignante, par l'Assemblée générale de l'ONU a confirmé que Damas avait peu de soutiens extérieurs: 137 pays ont voté pour, 12 contre (dont la Russie et la Chine) et 17 se sont abstenus.

Pour l'analyste politique Rami Khouri, basé à Beyrouth, ce vote était important même s'il n'a qu'une portée symbolique. «L'opposition dispose d'un soutien écrasant au plan international. Cela maintient la pression et l'opposition peut dire qu'elle bénéficie d'une légitimité internationale. Je pense que les jours (d'Assad) sont comptés. Mais nous ne pouvons pas encore dire combien de temps il pourra tenir», a-t-il estimé.

Avec Reuters
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