Les tirs de roquettes et d'obus de mortier en Syrie sur les quartiers de la ville de Homs aux mains de l'opposition se sont poursuivis ce jeudi, faisant au moins 29 morts, rapportent des activistes et des sources proches de l'opposition.
Les tirs de l'armée syrienne se concentrent sur les quartiers de Bab Amro, Inshaat, Khalidiya, Al Bayyada et Jouret al Shayyah, indiquent ces sources. En plus des pilonnages, des blindés continuent à pénétrer dans cette ville de l'Est. L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, avait fait état un peu plus tôt de 13 morts dans les quartiers de Bab Amro et de Khalidiya.
Selon l'opposition et les activistes, plusieurs centaines de personnes ont été tuées depuis la semaine dernière à Homs, une ville située dans le centre du pays, foyer du soulèvement lancé il y a presque un an contre le président Bachar al-Assad. Les autorités syriennes affirment que les forces de sécurité y combattent des «groupes terroristes armés».
La répression des manifestations antigouvernementales en Syrie a fait plus de 5.000 morts depuis mi-mars 2011 selon les Nations unies qui n'ont pas fourni de nouveau bilan depuis plusieurs semaines.
De son côté, la Ligue arabe doit se réunir dimanche au Caire. Elle souhaiterait renvoyer des observateurs sur place et sollicite l’aide de l’ONU. Le secrétaire général des Nations unies a justement condamné la violence avec laquelle Damas mène l'assaut sur Homs, foyer. «Je crains que la terrifiante brutalité dont nous sommes les témoins à Homs, avec des tirs d'armes lourdes sur des quartiers d'habitation, ne soit le funeste prélude de choses encore à venir», a déclaré Ban Ki-moon à l'issue d'un point de presse du Conseil de sécurité.
Quant aux Etats-Unis, ils s’activent également. La Maison Blanche a annoncé la poursuite de «très actives discussions» afin d’«arrêter le massacre du peuple syrien». Aucune intervention militaire n’est cependant prévue. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, est ainsi parti pour Washington afin de s'y entretenir du dossier syrien.
Ankara, jadis alliée de la Syrie mais prônant à présent le départ d'Assad, souhaite organiser une conférence internationale sur les moyens de mettre fin aux violences et d'envoyer une aide humanitaire aux victimes. «Il ne suffit pas d'être observateur», a déclaré Ahmed Davutoglu avant de prendre l'avion pour les Etats-Unis.